Tunisie | Les malheurs de Mehdi Ben Gharbia

La chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis a ordonné la libération d’office de Mehdi Ben Gharbia dans le cadre de l’affaire liée au meurtre de Rahma Lahmar, une jeune femme qui travaillait dans l’une des sociétés dont il était actionnaire, a rapporté Mosaïque. Mais ses malheurs sont loin d’être finis.

Cette décision intervient après que la chambre a constaté que l’intéressé avait atteint la durée maximale légale de la détention provisoire. Et, sans doute aussi, parce qu’il n’y a pas d’éléments solides et concluants pouvant justifier son maintien en détention et la poursuite de sn jugement.  

Pour rappel, le juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Tunis avait émis un mandat de dépôt contre Mehdi Ben Gharbia, en exécution d’une décision de la chambre d’accusation ordonnant l’ouverture de poursuites judiciaires et l’émission de mandats à l’encontre de plus de trente personnes dans cette affaire, remontant à 2020.

Le juge d’instruction avait ensuite prolongé une première fois sa détention provisoire de quatre mois dans le cadre de ce dossier.

Quant on pense à l’acharnement dont Mehdi Ben Gharbia a fait l’objet suite au meurtre de Rahma Lahmar suite à une rumeur insistante relayée sur les réseaux sociaux l’en accusant sans autre preuve que le fait qu’elle travaillait dans une société dont il est actionnaire et à la gestion de la laquelle il n’était pas directement impliqué, on ne peut que déplorer que l’honneur des gens soit ainsi bafoué et leur réputation traîné dans la boue pour de simples rumeurs infondées, sans attendre que l’accusation dont ils font l’objet soit étayée par une enquête judicaire sérieuse.  

Mehdi Ben Gharbia, comme beaucoup d’autres, ne tiendront pas la justice tunisienne en haute estime pour avoir fait la douloureuse expérience de poursuites fondées sur de simples rumeurs colportées sur les réseaux sociaux par de mystérieux ennemis politiques.

En attendant, l’ancien ministre et homme d’affaires restera incarcéré dans le cadre d’autres affaires. Pour combien de temps encore, sachant que sa sœur a récemment parlé sur les réseaux sociaux de la détérioration de son état de santé en raison de ses difficiles conditions d’incarcération ?

Triste destin que celui de cet homme qui avait fait plusieurs années de prison sous le règne de Ben Ali l’ayant empêché de terminer ses études universitaires et qui, peu de temps avant d’être incarcéré de nouveau, en 2023, a été endeuillé par le suicide de sa jeune épouse, mère de son unique enfant, en bas âge !   

I. B.   

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