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Ennahdha : Tout bouge pour que rien ne change

Ennahdha-Ghannouchi-Ben-Arous

Le 10e congrès extraordinaire du mouvement Ennahdha sera celui d’une vraie continuité sous des allures de faux changements.

Par Imed Bahri

Rached Ghannouchi n’écarte pas la possibilité qu’Ennahdha change de nom et de président, à l’issue de son 10e congrès extraordinaire, prévu en avril 2016.

«L’abolition du conseil de la choura sera aussi parmi les changements qui seront opérés lors du prochain congrès», a-t-il ajouté, au cours d’une conférence de presse, en marge du 10e congrès régional du mouvement, à Ben Arous, dimanche 28 février 2016.

«L’abolition du conseil de la choura ne signifie aucunement le renoncement aux principes de la choura et de la concertation», a-t-il cependant tenu à préciser.

«Tout litige ou différend au sein du parti est réglé par le dialogue et sur la base du principe de la choura», a-t-il ajouté, admettant ainsi l’existence de divergences parmi les membres dirigeants, tout en écartant l’existence de polémiques au sein du mouvement, et notamment sur le principe de l’islam modéré, du bannissement de la violence et de la consécration de l’esprit du consensus politique, a martelé Ghannouchi.

Ce qui ressort des déclarations des différents dirigeants du parti islamiste, c’est qu’Ennahdha pourrait changer de nom, peut-être même de président (ce qui est moins probable) et, pour faire bonne figure, accepterait d’atténuer le référentiel islamiste en prenant ses distances vis-à-vis du mouvement des Frères musulmans. Mais il s’agira simplement d’une opération de ravalement de façade ou d’un nouvel emballage qui ne trompera pas sur la nature de la marchandise qui, elle, sera strictement la même.

Les Nahdhaouis qui sont passés maîtres dans l’art de la duplicité, du camouflage et du jeu de rôles vont s’arranger pour que, lors du prochain congrès, tout donne l’impression de bouger pour que, finalement, à l’arrivée, rien ne changera vraiment.

Le 10e congrès d’Ennahdha sera donc celui du maintien du statu-quo, d’autant que le parti est sorti presque indemne de la crise qui aurait pu l’emporter au lendemain de son départ forcé du gouvernement, en janvier 2013, qu’il s’est de nouveau replacé au centre de l’échiquier politique après les législatives de 2014 et l’implosion de Nidaa Tounes, son adversaire d’hier et allié d’aujourd’hui, et qu’il peut donc se hâter encore plus lentement qu’il ne l’a fait jusqu’à présent.

Par définition, les partis hyper conservateurs ont horreur du changement et Ennahdha plus que tous les autres. Il a l’éternité pour lui, sans jeu de mot aucun.

(Avec Tap).

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