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Le TABC met le cap sur Djibouti

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Pour les hommes d’affaires tunisiens, Djibouti, qui est en pleine construction de ses infrastructures, constitue, aujourd’hui, une réelle opportunité. Ils y sont, d’ailleurs, attendus.  

Par Zohra Abid

Djibouti, dont la superficie ne dépasse pas les 23.200 km2 et la population 1 million d’habitants, est un tout petit pays de la Corne de l’Afrique, qui jouit d’une bonne situation géographique et dispose de 4 ports (et le 5e est en cours de construction ), un bon réseau routier et ferroviaire, ainsi que 7 câbles sous-marins qui font profiter à 7 pays voisins. C’est un véritable gisement de croissance, qui reste à explorer, et un site où investir. C’est ce qu’ont compris, depuis longtemps, les Chinois, déjà présents dans ce pays.

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Des ressources touristiques importantes. 

Un pays vierge à explorer

Les fondateurs du Tunisia Africa Business Council (TABC), Bassem et Walid Loukil (Groupe Loukil), en sont, en tout cas, convaincus et ils l’ont martelé, jeudi, lors d’une rencontre avec les médias, à l’hôtel Le Corail aux Berges du Lac de Tunis, au lendemain de la clôture de la Conférence internationale sur l’investissement, Tunisia 2020, en présence de Abdi Youssof Sougueh, ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications de Djibouti et son compatriote Alexis Mohamed, conseiller spécial du président djiboutien.

«Nous cherchons, aujourd’hui, à diversifier nos partenaires et le savoir-faire des Tunisiens nous intéresse. Notre pays est encore vierge et il est bon de l’explorer. Surtout que Djibouti, membre de la Ligue des Etats arabes, et on y parle le français et l’arabe, comme en Tunisie. Notre pays compte 1 million d’habitants mais il dessert une région qui compte plus de 100 millions de consommateurs», a souligné à Kapitalis Alexis Mohamed. Comment ?

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Une économie qui doit beaucoup à la mer.

«Notre pays est doté de lieux et monuments à visiter, sans parler de ses paysages imprenables et de l’activité de la plongée sous-marine qu’affectionnent beaucoup d’étrangers. Djibouti est situé sur la mer Rouge et le golfe d’Aden, limitrophe de la Somalie, de l’Ethiopie, de l’Erythrée et du Yémen, et abrite la Cour commerciale internationale du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), dont les membres sont l’Egypte, le Soudan, les Comores, l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo, l’Ethiopie, le Kenya, Madagascar, le Malawi, l’Île Maurice, la Namibie, le Rwanda, les Seychelles, le Swaziland, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe, et beaucoup de trafic commercial de cette immense région transite par notre pays. Après l’instabilité qui a marqué le début des années 2000, la stabilité est revenue, le pays est sécurisé et le climat des affaires y est aujourd’hui propice», a renchéri Abdi Youssof Sougueh, qui visite pour la 1ère fois la Tunisie et se dit fier d’avoir à ses côtés, dans son cabinet, une conseillère brillante ayant fait des études en Tunisie. «Je ne peux pas oublier, également, que lorsque j’étais élève en CE1, j’avais moi-même une enseignante tunisienne. Il s’agit de Mme Triki», se souvient le ministre.

Un code d’investissement attrayant

Les Tunisiens jouissent d’une bonne presse à Djibouti, à travers leur compétence dans divers domaines, dont l’éducation, la santé, le tourisme et les télécommunications, affirme, de son côté, Alexis Mohamed.

«Depuis l’indépendance de Djibouti en 1977, la Tunisie de Bourguiba était présente et nos compatriotes ont grandement profité des compétences des Tunisiens, les premiers à avoir débarqué dans notre pays et contribué au développement  des secteurs de la santé et de l’éducation», a-t-il ajouté, en précisant  «que la visite des délégations d’hommes d’affaires tunisiens est très attendue».

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Des ressources naturelles importantes non encore exploitées. 

Alexis Mohamed, qui a visité à plusieurs reprises la Tunisie au cours de 2015, se dit émerveillé par le niveau de développement de notre pays, qui lui rappelle celui de certains pays européens. Les Etats du sud de la Méditerranée devraient prendre la Tunisie comme modèle, estime-t-il.

Alexis Mohamed était derrière l’invitation, il y a 2 semaines, de Walid Loukil par le président de la république de Djibouti, qui était ravi de voir les hommes d’affaires tunisiens s’intéresser à son pays. «Lors de mes visites antérieures, j’ai été reçu par plusieurs personnalités, dont Slim Azzabi, le conseiller de la présidence de la république tunisienne, ainsi que par le conseiller économique et la présidente de l’Utica. Je leur ai proposé le renforcement de nos relations, quasi gelées depuis la fermeture de l’ambassade en 1999. Car il est temps de renforcer le partenariat entre nos pays. Je les ai également rassurés sur la stabilité politique, la sécurité et le climat d’affaires propice, grâce au code de l’investissement, qui offre plusieurs facilités, notamment la possibilité d’acquérir des parcelles de terrain pour monter des projets, ainsi que l’exonération d’impôt pour une période de 5 à 10 ans», confie encore l’hôte djiboutien.

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Alexis Mohamed oeuvre au développement des relations tuniso-djiboutiennes.

Raffermir les relations diplomatiques

Abdi Youssof Sougueh a tenu à rappeler que son pays est sous très haute sécurité, grâce aux forces américaines, japonaises et espagnoles qui y sont établies et qu’il est doté aujourd’hui de 7 banques, dont certaines appliquant la finance islamique, et que la monnaie nationale est le franc rattaché au dollar américain. «Djibouti offre un immense espace d’opportunités pour les hommes d’affaires à la recherche de nouveaux marchés émergents. Il faut y aller, il y a du travail à faire», a renchéri Bassem Loukil, d’autant plus que ce pays est engagé, depuis plusieurs années, dans un Programme d’ajustement structural (PAS), convenu avec le FMI et la Banque mondiale, qui ont favorisé son développement économique et social. «Djibouti est jugé comme étant un bon élève par ces banques», a assuré le conseiller spécial du président djiboutien.

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Le TABC s’emploie à intéresser les opérateurs économiques tunisiens aux opportunités offertes par Djibouti. 

«Djibouti est bien connecté au monde. Nous avons 4 vols assurés par le Qatar Airways, 4 autres par la compagnie aérienne turque, autant par Air France et par la compagnie éthiopienne. Les Marocains ne sont pas encore présents et nous souhaitons que Tunisair se manifeste», a encore précisé Alexis Mohamed, qui déploie d’énormes efforts pour accélérer la reprise des représentations diplomatiques et la mise en place d’une commission mixte afin de faciliter le déploiement des affaires.

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