Un Tunisien sur quatre est aujourd’hui atteint de diabète, selon l’étude nationale sur la santé des Tunisiens âgés de plus de 15 ans, publiée par l’Institut national de la santé en 2016, a indiqué Dre Ibtissem Ben Nacef, professeure d’endocrinologie et de diabétologie à l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis et membre de la Société tunisienne d’endocrinologie et de diabétologie, citée par Mosaique FM, en mettant en garde contre la hausse alarmante des maladies chroniques en Tunisie.
Les chiffres sont devenus alarmants et placent le pays face à un véritable défi sanitaire, a-t-elle souligné, en avertissant contre la propagation rapide du diabète. Et appelé à l’action, avant que les maladies chroniques, comme le diabète, ne deviennent un fardeau encore plus lourd pour les individus et pour le système de santé.
Par ailleurs, la moitié des personnes atteintes de diabète ignorent leur état, car cette «maladie silencieuse» évolue sans symptômes apparents. Pourtant, elle constitue la première cause d’insuffisance rénale et de cécité et est associé à une augmentation de la mortalité précoce.
Hypertension et obésité en hausse
Parallèlement, d’autres maladies chroniques connaissent une progression notable, notamment l’hypertension artérielle, qui touche 28,7% des Tunisiens, selon la même étude de 2016.
L’obésité constitue, également, un indicateur alarmant puisqu’elle concerne 26% des adultes et s’étend aux enfants, avec un taux de 17% à l’échelle nationale, illustrant un changement profond des modes de vie et des habitudes alimentaires.
Les causes du diabète sont multiples : hérédité, obésité, manque d’activité physique, mode de vie déséquilibré et consommation excessive d’aliments riches en sucres et en graisses.
Cette évolution s’est traduite par un recul de l’âge moyen d’apparition de la maladie, désormais autour de 40 ans, contre 45 auparavant.
Dans ce contexte, Dre Ben Nacef a insisté sur l’importance de la prévention, soulignant que la maîtrise du poids est une étape clé. Des études montrent qu’une perte de dix kilogrammes peut réduire le risque de diabète jusqu’à 30%.
Elle a aussi recommandé une activité physique régulière, ne serait-ce que 30 minutes de marche par jour, ainsi qu’un régime alimentaire équilibré, privilégiant les céréales complètes, les légumes et les protéines, tout en réduisant la consommation de sucres rapides, de pâtisseries, de boissons gazeuses et d’aliments transformés.
Un dépistage souvent tardif
Le spécialiste en nutrition et maladies métaboliques, Dr Abdelmajid Abid, a souligné, de son côté, dans une déclaration à Mosaïque FM, que les symptômes du diabète apparaissent tardivement, lorsque la maladie a déjà progressé dans l’organisme. Parmi ces signes, il a cité la soif intense et consommation excessive d’eau, la fatigue persistante, les mictions fréquentes, la prise de poids et l’accumulation de graisses, en particulier au niveau de l’abdomen.
Le praticien, qui parlait en marge d’un colloque scientifique organisé par l’Institut Pasteur, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, célébrée chaque année le 14 novembre, a recommandé de réduire la consommation du sucre, dont chaque Tunisien consomme en moyenne 36 kg par an, et de privilégier le sucre naturel contenu dans les fruits.
Le nutritionniste a aussi conseillé d’éviter les repas rapides et de pratiquer une activité physique régulière, précisant qu’une seule «baguette» nécessite deux heures de mouvement pour être brûlée.
I. B.



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