«La Tunisie a besoin à la fois de pain et de liberté»

C’est le titre de l’article en anglais («Tunisia needs both bread and freedom») publié sur le site Atlantic Council par Ameni Mahrez, professeure adjointe de sciences politiques au College of William & Mary et chercheuse associée au programme Middle East Initiative de la Harvard Kennedy School.

Aussi l’avenir de la Tunisie repose-t-il, selon elle, sur «la recherche d’un juste équilibre entre la poursuite des réformes de marché et l’intégration mondiale, tout en renforçant les institutions démocratiques et en protégeant les libertés fondamentales», car, explique la chercheuse «la liberté seule ne permettra pas d’atteindre la prospérité, et la prospérité seule ne garantira pas la liberté».

La régression économique du pays au cours de la décennie qui a succédé à la Révolution du 14 janvier 2011, en apporte la preuve s’il en est encore besoin. Durant cette période, la liberté n’a pas apporté la prospérité espérée, mais une instabilité politique qui s’est traduite par un ralentissement de la croissance, une hausse de l’inflation et du chômage et une baisse du pouvoir d’achat des citoyens.  

Pour sortir la Tunisie de l’ornière où elle se trouve aujourd’hui, Ameni Mahrez préconise «le renforcement des institutions démocratiques, la garantie d’une gouvernance transparente et d’une justice indépendante, ainsi que l’élargissement des libertés politiques [qui ] permettront de créer un environnement durable et inclusif pour tous les citoyens.»

De nouvelles réformes économiques sont également nécessaires, selon elle, «pour briser le pouvoir monopolistique du marché, favoriser une véritable concurrence et supprimer les obstacles bureaucratiques afin d’attirer les investissements nationaux et étrangers.»

«Le gouvernement tunisien doit se montrer plus à l’écoute et rendre davantage de comptes face aux griefs socio-économiques croissants des citoyens afin de prévenir de nouveaux troubles et de bâtir la confiance sociale indispensable à une stabilité durable», estime encore la chercheuse. Et pour cause, explique-t-elle : «L’accumulation de griefs économiques non résolus engendre une frustration que la répression politique ne peut contenir durablement.»

Ameni Mahrez, titulaire d’un doctorat en sciences politiques de la Central European University. 

«La Tunisie a besoin d’un contrat social où les opportunités économiques se développent parallèlement à la participation politique, où la croissance se traduit par une amélioration du niveau de vie pour tous les citoyens, et non seulement pour les élites. Cela implique non seulement une croissance du PIB, mais aussi une attention particulière à la qualité de l’emploi, à la répartition des revenus et à l’accès aux services», écrit Ameni Mahrez, qui rappelle que le pays a connu une recrudescence des manifestations en 2025 et au début 2026.

«L’avenir de la Tunisie repose sur la recherche d’un juste équilibre entre la poursuite des réformes de marché et l’intégration mondiale, tout en renforçant les institutions démocratiques et en protégeant les libertés fondamentales. Seule cette combinaison permettra d’assurer une prospérité durable qui réponde aux aspirations des citoyens et jette les bases d’un développement stable à long terme», conclue-t-elle.

I. B.

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