Tunisie | Les restrictions aux importations font débat   

La circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) imposant aux importateurs de produits qualifiés de «non prioritaires» de mobiliser leurs fonds propres pour financer leurs importations, en vue de préserver les réserves en devises du pays, lesquelles risquent d’être rognées par la forte hausse des cours d’énergie suite à la guerre contre l’Iran, suscite une certaine perplexité en raison notamment de la définition même de ce qui est prioritaire et de ce qui ne l’est pas.

Les opérations d’importation des produits classés comme «non prioritaires» doivent désormais être intégralement couvertes par les importateurs sur leurs propres fonds.

Commentant cette décision, l’expert-comptable et professeur d’université Hatem Fathallah a déclaré que «l’imposition de l’autofinancement des importations non prioritaires n’est pas une simple mesure technique, mais bien une intervention significative sur le marché des importations», ajoutant que cette décision a des conséquences à la fois positives et négatives.

Dans une interview accordée à l’émission ‘‘60 Minutes’’ sur Diwan FM, M. Fathallah a expliqué que l’objectif annoncé de cette décision est de préserver les réserves de change et de réduire au maximum le déficit commercial, qui, rappelons-le, n’a cessé de se creuser au cours des douze dernières années, dépassant 21 milliards de dinars en 2025, contre «seulement» 13 milliards de dinars en 2014, année du déclenchement de la révolution.

M. Fathallah a toutefois noté que la définition des biens essentiels et non essentiels fait encore l’objet de discussions, soulignant que la liste de ces produits publiée par le BCT inclut des articles tels que les voitures particulières et les moyens de transport, ainsi que les appareils électroménagers comme les réfrigérateurs, les lave-linges, les climatiseurs et les fours à micro-ondes, qui sont considérés comme essentiels par beaucoup.

Les biens véritablement essentiels comprennent le blé, dont la Tunisie importe l’essentiel de ses besoins, les médicaments, et les matières premières nécessaires à la production industrielle, en plus des énergies de base, dont les pénuries pourraient engendrer de graves problèmes dans le pays.

I. B.

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