L’Institut national de la statistique (INS) prévoit que la population tunisienne atteindra environ 12,16 millions d’habitants en 2030, contre 11,97 millions en 2024, soit une augmentation d’environ 190 000 personnes en seulement six ans, selon les nouvelles estimations démographiques publiées par l’institut.
L’INS explique que le taux de croissance démographique en Tunisie ralentit par rapport aux années précédentes, ce qui indique que le pays entrera dans une phase de «très faible croissance démographique» pouvant atteindre une quasi-stagnation d’ici 2054.
Selon l’agence Tap, l’INS précise que ce déclin est principalement lié à une baisse du taux de natalité, qui devrait poursuivre sa tendance à la baisse dans les années à venir avant d’augmenter progressivement à partir de 2027, selon ses estimations.
Les estimations ont également révélé une évolution de la structure par âge de la population : la tranche d’âge des 0-19 ans devrait diminuer, tandis que celle des 20-59 ans devrait rester relativement stable. Parallèlement, la proportion de personnes âgées de plus de 60 ans devrait augmenter.
L’INS a indiqué que la Tunisie a connu l’une des transitions démographiques les plus rapides de la région méditerranéenne en moins de quarante ans, expliquant que le taux de fécondité est passé de plus de 3 enfants par femme en 1994 à 1,54 enfant par femme en 2024.
L’Institut a ajouté que le recensement général de la population et du logement de 2024 a révélé que la population était inférieure aux projections initiales, confirmant ainsi que la transition démographique en Tunisie a été «plus rapide et plus profonde qu’anticipé».
L’institut a confirmé que ces nouvelles estimations reposaient sur les données de l’état civil et les résultats du recensement de la population, et a adopté une approche probabiliste conforme aux normes des Nations Unies pour projeter le scénario démographique le plus probable en Tunisie jusqu’en 2054.
L’institut a néanmoins estimé que la trajectoire démographique actuelle n’était «pas nécessairement immuable», appelant à l’adoption rapide de politiques appropriées pour s’adapter aux évolutions démographiques anticipées. Politiques, nécessairement natalistes, que la situation socio-économique actuelle dans le pays, marquée par une faible croissance, un taux de chômage élevé, un fort flux de migration, un recul du nombre des mariages et une crise financière aiguë ne permettrait pas.
Ces données vont donner du grain à moudre à ceux qui agitent la menace du «grand remplacement» et de la «transformation démographique et identitaire» de la population tunisienne, en parlant de l’accélération des flux migratoires africains subsahariens vers la Tunisie.
I. B.



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