Selon les projections de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le revenu d’un Polonais dépassera celui d’un Japonais l’an prochain et que d’ici dix ans, le Polonais sera plus riche que n’importe quel habitant du G7 hormis l’Américain. Jadis pays émetteur d’émigrés, la Pologne observe depuis quelques années un phénomène inverse de retour au bercail, signe d’une prospérité retrouvée. (Ph. Varsovie).
Habib Glenza, de Lodz
En 2025, le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) de la Pologne a atteint 54 000 dollars, contre 46 000 dollars au Japon et 66 000 en France.
La recette du miracle polonais est la meme que celle de l’Espagne ou du Portugal en 1990, à savoir le retour à la démocratie, l’économie de marché et l’adhesion à l’Union européenne (UE) en 2004.
Depuis 2004, la Pologne a été le premier bénéficiaire des fonds de l’UE pour se moderniser. Le pays est devenu une plaque tournante de l’industrie européenne. Il dispose d’une forte productivité et de compétences techniques de bon niveau, ce qui a attiré les capitaux étrangers pour bâtir des usines et des plateformes logistiques.
En Pologne, il y a plus de 270 groupes mondiaux qui ont fait de ce pays leurs bases logistiques et plus de 1000 entreprises françaises installées. L’environnement réglementaire, fiscal et social est très favorable à la création des entreprises et de l’emploi. Le salaire moyen a doublé en 10 ans, passant à 2000 euros, tandis que le smig a triplé pendant la même période, atteignant les 1100 euros
L’émigration est un long chapitre de l’Histoire de la Pologne. Mais avec un taux de chômage d’à peine 3% et un PIB par habitant en forte hausse depuis vingt ans, la Pologne voit aujourd’hui revenir ses ressortissants émigrés, au rythme d’environ 100 000 par an, selon l’Institut national polonais de la statistique. Ils sont attirés par une croissance hors norme et le plein-emploi.
Aujourd’hui, l’économie polonaise est l’une des plus dynamiques d’Europe et la Pologne est devenue la 20e économie mondiale avec une croissance hors du commun de 3,6% en 2025. Son PIB par habitant a plus que triplé en deux décennies (et pourrait dépasser celui de la France dans dix ans, selon l’OCDE).
«Si la Pologne ne connaissait pas cet essor, alors même quelqu’un qui voudrait revenir pour des raisons, par exemple familiales, ne le pourrait pas», rappelle Dominika Pszczolkowska, chercheuse au Centre d’études sur les migrations de l’université de Varsovie.
«Bon nombre des compétences et qualifications acquises à l’étranger par les migrants peuvent être directement mises à profit à leur retour», assure Magdalena Gawronska, responsable du programme Returning Talent to Warsaw (Ramener les talents à Varsovie).
Malgré tout, les candidats au retour ont l’impression que la vie en Pologne est plus avantageuse. En Europe de l’Ouest, où le coût de la vie est souvent plus élevé, «les gens travaillent juste pour survivre et payer leurs factures. Il est impossible d’épargner», explique à l’AFP Radek H., un commercial de 47 ans revenu d’Irlande il y a deux ans.
Si la tendance actuelle montre un renversement de l’émigration vers le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas, Dominika Pszczolkowska s’attend à ce qu’elle s’étende bientôt à d’autres pays européens. «La Pologne est devenue suffisamment attractive pour attirer véritablement et sérieusement des travailleurs du monde entier», fait valoir l’analyste Marcin Klucznik.



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