Les propos du député Tarek Mahdi a propos du viol présumé d’une migrante subsaharienne, tenus lors d’une séance de questions-réponses à l’Assemblée avec le ministre de l’Intérieur, lundi 13 avril 2026, n’ont pas manqué de provoquer l’indignation générale, les organisations de défense des droits humains dénonçant ces propos comme racistes et sexistes.
Le député par qui le scandale est arrivé savait pertinemment que la migration reste un sujet sensible en Tunisie, point de transit important pour des dizaines de milliers de personnes qui tentent chaque année de rejoindre l’Europe. Tout en affirmant que les récentes informations faisant état du viol d’une migrante subsaharienne par un agent de police tunisien, relayées sur les réseaux sociaux par une Ong internationale, étaient faux, il a lancé sur un ton goguenard : «Qu’une femme africaine soit violée est impensable. Les Tunisiennes sont suffisamment belles… Nous ne manquons de rien en Tunisie.» Ce qui est tout aussi insultant pour les Subsahariennes que pour les Tunisiennes, ainsi réduites à des objets sexuels.
La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) n’a pas tardé à dénoncer ces propos «choquants» et à condamner une «mentalité rétrograde qui justifie la violence et banalise le crime de viol».
Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a également critiqué les propos de Mahdi, les qualifiant de «violation flagrante de la dignité humaine» et de «dangereuse justification des violences sexuelles faites aux femmes.»
Face à la polémique grandissante, Mahdi a publié un communiqué affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.
«Je n’ai jamais eu l’intention d’encourager ou de justifier le viol, ni de porter atteinte à la dignité humaine, en particulier celle des Tunisiennes», a-t-il écrit sur Facebook. Et d’ajouter : «Si mes propos ont porté atteinte à la dignité des Tunisiens, ou à la dignité humaine en général, je présente bien entendu mes excuses.»
Lors de son intervention au parlement, le député avait également déclaré que les migrants subsahariens en Tunisie constituaient une «menace pour la paix sociale», ajoutant : «Ces personnes doivent partir à tout prix».
Le tollé soulevé par ces déclarations ont obligé le président de l’Assemblée, Ibrahim Bouderbala, à tenter de rectifier le tir en déclarant, lors de la plénière du mardi 14 avril, que les propos, tenus la veille, par le député Tarek Mahdi, «indépendamment de la bonne ou de la mauvaise foi», sont contraires aux constantes du peuple tunisien, basées sur le respect de la dignité humaine et le rejet de toute atteinte à la femme tunisienne.
Ibrahim Bouderbala a ajouté que la Tunisie adhère aux principes universels des droits de l’Homme et constitue une partie intégrante du continent africain, ajoutant que le pays accueille tous les «frères africains», mais ne saurait être une terre d’accueil des migrants irréguliers.
I. B.



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