Au cours des années dernières, les coupures d’eau potable en Tunisie étaient justifiées par la faible pluviométrie, la sécheresse et le tarissement de la ressource dans le réseau des barrages. Or, avec les pluies abondantes de l’automne et de l’hiver derniers, les barrages sont remplis à près de 60% de leur capacité. Et la sécheresse, qui a bon dos, ne peut plus être avancée comme une cause des coupures d’eau récurrentes depuis le début de cet été particulièrement chaud. (Photo : Barrage Sidi El-Barrak. Les barrages sont à près de 60% de leur capacité, la ressource ne manque donc pas.)
C’est, en réalité, la vétusté des infrastructures de distribution, dont une bonne partie remonte à un demi-siècle, ainsi que le manque d’investissement et l’absence de planification qui sont à pointer du doigt, a déclaré vendredi 17 juillet 2026 Hussein Rehili, expert en ressources hydriques et en développement, à Diwan FM, en soulignant que la crise de l’eau potable en Tunisie ne découle pas principalement d’un manque de ressources, mais plutôt d’une mauvaise gestion de la part des autorités publiques.
M. Rehili a expliqué que la crise de l’eau a été aggravée par la vétusté des infrastructures hydrauliques, précisant que 20 % du réseau de conduites a plus de 50 ans.
Il a également souligné que 20 à 25 % de l’eau est perdue à l’échelle nationale en raison de la dégradation du réseau de distribution. Et cela, les experts ne cessent de le dire et de le déplorer depuis au moins une quinzaine d’années sans que les autorités n’aient daigné prendre les mesures nécessaires pour faire face à la situation.
Par ailleurs, un conseil ministériel aurait dû se tenir avant la saison estivale pour planifier la gestion des ressources hydrauliques, a-t-il fait remarquer, s’étonnant qu’une telle réunion n’ait eu lieu que le 9 juin, soit bien après le début de la saison estivale. Selon l’expert, la carte de la pénurie d’eau en Tunisie s’est étendue à tel point que le gouvernorat de Sousse, par exemple, arrive désormais en tête des régions touchées par des coupures d’eau potable, selon une étude récente de l’Observatoire national de l’eau (ONE).



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