On sait que les relations entre la Tunisie et la France étaient pour le moins tiède depuis quelque temps. N’empêche qu’on a été surpris d’apprendre que notre ministère des Affaires étrangères a convoqué, vendredi 24 juillet 2026, l’ambassadrice de France à Tunis, Anne Guéguen, après la diffusion, par une «chaîne publique française», d’un entretien «avec une personne recherchée par la justice tunisienne». (Photo: Entretien Saïed – Macron en novembre 2022 à Djerba en marge du sommet de la francophonie).
Le ministère n’a pas identifié la chaîne, pas plus que la personne. Il s’agirait, selon toute vraisemblance, de la chaîne France 24 et d’un entretien récent avec l’ancien président Moncef Marzouki (2011-2014), qui vit en exil en France.
Le ministère a fait part de la «vive protestation» de la Tunisie, en estimant que de telles émissions s’inscrivaient «dans une démarche d’ingérence inacceptable».
«Cet entretien comporte des atteintes à la souveraineté de l’État tunisien, vise sa sécurité nationale ainsi que ses institutions, et constitue un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes», lit-on dans le communiqué, qui dénonce ce qui est considéré, à Tunis, comme une «répétition délibérée de telles pratiques sur des médias publics français, utilisés pour diffuser des contenus incitant à la haine et des allégations mensongères à l’encontre de l’État tunisien».
Le fait que le média concerné soit «public et officiel» engage «la responsabilité morale de l’État français», estime-t-on à Tunis, appelant Paris à prendre «les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels agissements inacceptables». Il est à rappeler que Moncef Marzouki est un critique virulent du président Kaïs Saïed et qu’il a été condamné par contumace en Tunisie à plusieurs peines de prison, notamment pour atteinte à la sûreté de l’État. Dans des entretiens cette semaine à France24, en arabe et en français, il n’y est pas allé par quatre chemins, en déclarant que la Tunisie passait par une «crise politique d’une gravité exceptionnelle» et jugé que la situation allait «exploser», se disant aussi convaincu que des alternatives à l’actuel pouvoir étaient discutées en Tunisie et à l’étranger, ce qui lui a valu d’être qualifié de «traître» par les partisans de Saïed sur les réseaux sociaux.



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