Dans le communiqué suivant, publié à Tunis ce jeudi 16 janvier 2026, l’Association des magistrats tunisiens annonce avoir reçu des avertissements émanant du cabinet du Premier ministre et «met en garde contre les graves répercussions qu’entraînerait l’arrêt de ses activités et l’empêchement de la tenue de son congrès». *
L’Association des magistrats tunisiens précise qu’après avoir annoncé la tenue de son quinzième congrès électoral, elle a reçu, le jour même de l’ouverture des candidatures, le 7 janvier 2026, un avertissement du cabinet du Premier ministre concernant des violations présumées. La date limite pour y répondre étant le début du congrès électoral, cela ouvre la porte à la suspension de l’activité de l’association à cette date et l’empêchement de la tenue de sa conférence.
L’association a également appris que, suite à l’avancement des procédures du congrès électoral, une enveloppe a été glissée de manière louche sous la porte de son siège social au Palais de Justice le 15 janvier 2026. Elle portait un timbre-poste daté du 28 octobre 2025 et contenait un avis daté du 17 octobre 2025.
Il s’agit d’un avertissement que l’association n’avait jamais reçu avant-hier, ce qui soulève des soupçons de manipulation des notifications afin d’influer sur les délais stipulés dans le décret 88 et les conséquences qui en résulteraient quant à une décision de suspension de l’activité de l’association.
L’association affirme que la fréquence des avertissements émis par le cabinet du Premier ministre, comprenant des accusations de violations sans fondement, et l’ouverture de poursuites pénales contre le président de l’association, coïncidant toutes avec l’annonce du congrès électoral de l’association, trahissent leur véritable objectif : empêcher le congrès, en empêchant sa tenue.
L’Association des magistrats tunisiens met en garde contre les graves répercussions qu’entraînerait la suspension de ses activités, l’empêchement de la tenue de son congrès et l’atteinte au droit des magistrats de se réunir et de s’exprimer pour défendre l’indépendance de la justice.
Pour le bureau exécutif,
La vice-présidente de l’Association
Aicha Ben Belhassen
* Texte traduit de l’arabe.



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