Le poème du dimanche | ‘‘La Centaine d’amour’’ de Pablo Neruda

Pablo Neruda est poète, écrivain, diplomate et intellectuel engagé au Parti Communiste chilien. Il a reçu le Prix Nobel de littérature, en 1971.

Né en 1904 à Parral, au Chili, il meurt quelques jours après le renversement du régime de Salvador Allende, en 1973.  Sa mort est suspecte et on pense plutôt à un assassinat.

Neruda peut être considéré comme une voix majeure de la poésie en langue espagnole, comme de la poésie du XXe siècle. Son œuvre qu’il commence à publier dès 1923, compte de nombreux recueils où le thème de la terre du Chili est central, chants de liberté et d’amour, elle est célébration de la nature de son pays, de son peuple, et de l’émancipation de l’être humain, en général.

Tahar Bekri

Sonnet Trente-huitième

La maison esr sonore à midi comme un train

la casserole chante et la guêpe bourdonne 

la cascade nous dit ce qu’a fait la rosée,

et ton rire déploie ses trilles de palmier.

La lumière du mur, bleue, parle avec la pierre,

sifflant comme un berger, arrive un télégramme,

voici, entre les deux figuiers à la voix verte,

que raconte Homère avec ses souliers de mystère..

C’est ici que la ville a perdu sa voix et pleurs,

l’infini, la sonate; et ses lèvres, et sa trompe,

mais gardé son discours de cascade et de lions.

Et toi qui montes, chantes, et qui cours, vas descends,

et plantes, couds, cuisines, écris, cloues, et reviens,

si tu t’en vas, c’est que l’hiver a commencé.

Traduit de l’espagnol par Jean Marcenac et André Bonhomme

‘‘La Centaine d’amour’’, Ed. Messidor, 1965.

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