Affaire Instalingo | Peine de 22 ans de prison confirmée pour Ghannouchi

La cour d’appel de Tunis a confirmé, ce mercredi 14 janvier 2026, la peine de 22 ans de prison de Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha et ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). La cour a confirmé les peines de prison de 40 personnes, journalistes, blogueurs et hommes d’affaires, poursuivis dans l’affaire Instalingo. Seule la journaliste Chadha Haj Mbarek a été libérée.

Le 5 février, un tribunal de première instance avait condamné 41 prévenus, dont Ghannouchi, âgé de 84 ans, à des peines de prison allant de 5 à 54 ans. Ghannouchi était détenu depuis le 17 avril 2023, date à laquelle la police avait perquisitionné son domicile. Il a depuis été condamné à plusieurs reprises dans d’autres affaires.

Une source judiciaire anonyme a indiqué à l’agence de presse officielle tunisienne que la cour d’appel avait confirmé toutes les condamnations, à l’exception de celle de Chadha Haj Mbarek. Sa peine a été réduite de 5 à 2 ans, et la cour a ordonné un sursis à exécution.

Les accusés peuvent se pourvoir en cassation, mais ce pourvoi n’empêche pas l’exécution des peines.

Tous les accusés nient les charges retenues contre eux, notamment le complot contre la sûreté de l’État, la tentative de modification de la nature de l’État, l’incitation à la violence armée, les provocations à la violence et au pillage, ainsi que les actes hostiles envers le président.

En droit tunisien, cette accusation désigne toute conduite considérée comme une atteinte grave à la personne ou à l’autorité du chef de l’État, incluant les menaces, les agressions physiques ou les actions perçues comme portant atteinte à l’autorité de l’État.

Instalingo est une entreprise de médias numériques et de communication basée à Kalaa Kebira, dans le gouvernorat de Sousse. Son siège a été perquisitionné le 10 septembre 2021, suite à des allégations d’atteintes à la sûreté de l’État, de blanchiment d’argent et de diffamation en ligne.

Les autorités insistent sur le fait que les accusés sont jugés au pénal et nient toute ingérence politique dans la procédure judiciaire. Des figures de l’opposition affirment cependant que cette affaire s’inscrit dans une campagne plus vaste visant à discréditer les détracteurs des mesures exceptionnelles prises par le président Kaïs Saïed, depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021 : limogeage du gouvernement, dissolution du Parlement, instauration d’un régime par décret, adoption d’une nouvelle constitution par référendum et tenue d’élections législatives anticipées.

L’opposition qualifie ces mesures de coup d’État anticonstitutionnel et de tentative d’instaurer un pouvoir personnel, tandis que ses partisans estiment qu’elles mettent fin à une «décennie noire» (2011-2021) et corrigent le cours de la révolution tunisienne de 2011 qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.

I. B.

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