Ce 6 février 2026 marque un triste anniversaire pour la Tunisie : Il y a treize ans l’avocat et secrétaire général du Parti des patriotes démocrates réunifiés (Watad) a été lâchement assassiné devant son domicile d’El Menzah 6.
Chokri Belaïd, figure emblématique de la gauche et fervent défenseur des droits humains, était connu pour son éloquence, sa lucidité face à la montée de l’obscurantisme et ses mises en garde répétées contre la violence politique.
Foncièrement opposé à Ennahdha alors au pouvoir, il n’a eu cesse de critiquer ce parti islamiste et de se battre contre le terrorisme religieux, rêvant d’une Tunisie libre et démocrate.
A vrai dire son combat pour la liberté a commencé bien avant au sein de l’Union générale des étudiants de Tunisie, pour devenir rapidement chef de la mouvance des patriotes démocrates à l’université.
En 1987, il a été incarcéré sous le régime du président Habib Bourguiba pour son activisme politique en milieu universitaire et a poursuivi son engagement sous la dictature de Ben Ali, plaidant notamment les procès politiques et pointant du doigts tous les abus du système.
Me Belaïd s’est aussi engagé dans l’affaire de Gafsa en 2008 pour dénoncer la répression des manifestants et l’arrestation de mineurs suite à ce mouvement social du bassin minier, contre la corruption et la dictature en Tunisie.
Mais le 6 février 2013, jour sombre où tout a basculé, Chokri Belaïd qui venait de rassembler les partis de gauche sous la bannière du Front populaire, a été tué par balles par des extrémistes religieux, membres de l’organisation terroriste Ansar Charia.
Cet assassinat politique a déclenché des manifestations dans tout le pays et à son enterrement, on a compté plus d’un million de Tunisiens, accablés et sous le choc mais détérminés plus que jamais, qui l’ont accompagné à sa dernière demeure.
Treize longues années se sont écoulées et Chokri Belaïd n’a jamais été oublié par les siens, demeurant vivant dans leur cœur. Il laisse derrière lui ce combat d’un homme courageux qui restera longtemps gravé dans la mémoire collective, l’homme brave au verbe facile et aux idées peu dociles.
Treize longues années et le dossier Belaïd continue aussi de hanter les prétoires car l’opinion publique et le collectif de défense estiment que la bataille n’est pas encore terminée tant que les commanditaires n’ont pas encore été reconnus coupables et tous inquiétés et tant que la vérité n’est pas dévoilée.
Yûsra Nemlaghi



Donnez votre avis