Croissance 2026 | Le FMI tempère l’optimisme de la Tunisie

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse les prévisions économiques de la Tunisie pour 2026 et préconise une trajectoire plus prudente que celle envisagée par le gouvernement. Selon le profil de pays du FMI, la croissance réelle de la Tunisie devrait s’établir à 2,1 % en 2026, nettement inférieure à l’objectif de 3,3 % fixé par les autorités tunisiennes pour l’année en cours. L’inflation, les chocs externes et la fragilité de l’économie pèsent sur le pays.

Ces données laissent présager un possible ralentissement par rapport à 2025, année où l’économie tunisienne avait progressé de 2,5 % selon l’Institut national de la statistique, grâce notamment à la contribution de l’agriculture (huile d’olive) et des services (tourisme).

Selon l’analyse du FMI, outre une croissance plus modérée, les prix à la consommation restent sous surveillance et devraient augmenter en moyenne de 6,5 % en 2026, un niveau qui continue de comprimer le pouvoir d’achat et de limiter les possibilités de relance de la demande intérieure.

La divergence entre Washington et Tunis reflète deux interprétations différentes de la capacité du pays à véritablement accélérer sa croissance à court terme.

Pour sa part, le gouvernement met en avant l’investissement, le tourisme et la reprise de certains secteurs productifs ; alors que le FMI maintient une évaluation plus prudente, conforme à un contexte international marqué par la hausse des prix de l’énergie et l’accroissement des risques pour les économies émergentes importatrices de pétrole et de gaz. Et c’est le cas de la Tunisie qui doit importer plus de 60 % de ses besoin énergétiques dans un contexte de renchérissement des cours de pétrole et de gaz.

Dans son rapport sur « Les perspectives de l’économie mondiale publié » publié le 16 avril 2026 sous le titre « L’économie mondiale menacée par la guerre », le FMI a récemment revu à la baisse ses prévisions pour 2026 concernant les économies émergentes et en développement, soulignant la vulnérabilité des pays importateurs nets d’énergie aux chocs géopolitiques et aux fluctuations des prix des matières premières.

Pour la Tunisie, le message du FMI est clair : la reprise est en cours, mais elle demeure fragile. La comparaison entre les prévisions du FMI (2,1 %) et celles du gouvernement (3,3 %) confirme que 2026 sera une année cruciale pour évaluer la crédibilité de la stratégie économique adoptée par le gouvernement tunisien, dans un contexte d’équilibre encore délicat entre croissance, stabilité des prix et besoin de financement.

I. B.

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