Suite à la multiplication des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêcheurs ou des déchets plastiques, l’Association TunSea pour la science participative a publié un guide de recommandations pour la sauvegarde des tortues marines, dont la protection le long des côtes tunisiennes dépend aussi du comportement des citoyens, des nageurs et des pêcheurs.
L’association TunSea, qui œuvre pour la science citoyenne, a publié une série de recommandations pratiques suite à l’augmentation des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêche ou des déchets plastiques.
L’ONG insiste avant tout sur l’importance de garder son calme face à une tortue en détresse, afin de ne pas aggraver son stress.
Si les conditions le permettent, le filet peut être coupé ou dénoué délicatement, en portant une attention particulière au cou et aux nageoires.
TunSea recommande d’éviter de tirer brusquement sur le filet et de retirer les corps étrangers ou fragments profondément incrustés dans la peau, car cela pourrait aggraver les blessures.
Une prudence particulière est également de mise pour la sécurité des personnes intervenant, car une tortue effrayée peut mordre. Il convient d’observer les signes vitaux de l’animal, tels que le mouvement de ses nageoires, l’ouverture de ses yeux ou sa respiration. Si l’animal est vivant et ne présente aucune blessure apparente, il peut être relâché avec précaution dans la mer, dans un endroit calme, à l’écart des bateaux, des foules et du bruit.
La situation est différente si la tortue est blessée, faible ou désorientée. Dans ce cas, prévient l’association, il ne faut surtout pas la remettre à l’eau, car elle risque de se noyer. En attendant l’intervention de spécialistes, il convient de la placer à l’ombre, le corps recouvert d’une serviette humide, en laissant ses narines dégagées pour qu’elle puisse respirer.
TunSea souligne également qu’il ne faut jamais retourner une tortue sur le dos ni la soulever par les nageoires.
Si un hameçon est visible dans la bouche ou la peau, l’opération de sauvetage doit être confiée à du personnel qualifié.
Pour coordonner un sauvetage, l’association vous invite à contacter immédiatement la Garde nationale maritime au 194, le Centre de sauvetage des tortues marines de l’Institut national des sciences et technologies de la mer, ou TunSea via ses canaux de coordination.
La Tunisie abrite trois espèces de tortues marines : la tortue caouanne (Caretta caretta), la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue luth (Dermochelys coriacea). La tortue caouanne est l’espèce la plus répandue et se reproduit sur certaines plages tunisiennes, notamment sur les îles Kuriat, considérées comme le principal site de nidification du pays, ainsi que sur d’autres portions de la côte est.
Des études récentes ont également confirmé l’importance de la plage de Ghedhabna, sur la côte est, comme nouveau site de nidification important. L’appel de TunSea s’inscrit dans un effort plus large de protection de la biodiversité marine méditerranéenne. Les tortues jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes : elles contribuent au maintien des herbiers sous-marins, au recyclage des nutriments et à la santé des plages de ponte. Elles sont également considérées comme des indicateurs de la santé des mers. Les principales menaces qui pèsent sur elles restent les captures accidentelles dans les filets, la pollution plastique, la pression sur les plages, le trafic maritime et la dégradation des habitats côtiers.
Par conséquent, selon TunSea, la protection des tortues marines n’est pas seulement l’affaire des biologistes et des institutions, mais une responsabilité collective, notamment dans un pays comme la Tunisie, dont les côtes jouent un rôle reconnu pour les populations de tortues en Méditerranée.



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