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‘‘Amen’’ d’Amine Landoulsi : La Tunisie entière est son atelier

‘‘Amen’’, exposition de l’artiste photographe tunisien Amine Landoulsi, est une rétrospective en images des 7 années passées depuis la révolution du 14 janvier 20111.

Par Fawz Ben Ali

C’est la première exposition personnelle d’Amine Landoulsi et aussi la première d’une série d’expositions photographiques programmées cette année à la Maison de l’Image, à Mutuelle-ville, Tunis, sous la direction du photographe Wassim Ghozlani.

Le soir du vernissage, jeudi 22 février 2018, la salle bouillonnait de monde : artistes, journalistes, amateurs de photographie… L’ambassadeur français Olivier Poivre d’Arvor était également au rendez-vous, fidèle à son habitude de suivre de près la vie culturelle tunisienne.

La transition démocratique en images

La Maison de l’Image est une pépinière des arts visuels visant notamment à faire valoir la photographie, qui a eu du mal, jusque-là, à être considérée comme un art à part entière, mais cette année beaucoup de photographes tunisiens sortiront de l’ombre et défileront dans cet espace pour faire découvrir au public leurs créations.

‘‘Amen’’ est le fruit d’un travail de 7 ans (2011-2018), où Amine Landoulsi a scruté de près les moments phares qui avaient suivi la révolution du 14 janvier 2011. Il était un peu partout dans le pays accompagné de son appareil photo pour ne rien laisser échapper. Des clichés fascinants qu’il a soigneusement gardés durant ces années pour en choisir enfin les meilleurs, ceux qui sont représentés pour la première fois dans cette exposition si importante dans son parcours de photographe-reporter et d’artiste indépendant sensible à l’actualité de son pays.

Une centaine de photographies étaient accrochées sur les cimaises de la Maison de l’Image, probablement les plus captivantes et les plus exhaustives qu’on a pu voir, jusqu’à ce jour, sur le thème de la transition démocratique tunisienne.

Amine Landoulsi a su à sa manière immortaliser les instants et les fragments fugitifs de notre histoire, ceux qui nous auraient échappé ou dont on a gardé un souvenir incertain.

Des clichés authentiques et poétiques

En couleurs, en noir et blanc, dans des formats grands ou moyens, les photos exposées ont pour sujets des lieux emblématiques comme l’avenue Habib Bourguiba, le Palais et le musée du Bardo, certains quartiers populaires… des moments forts comme des manifestations restées dans la mémoire, mais aussi des personnalités (politiciens, artistes, intellectuels…)

On a rarement vu des témoignages photographiques aussi authentiques et poétiques à la fois sur tous ces événements qui ont rythmé l’actualité tunisienne des 7 dernières années, une période particulièrement bouillonnante où tout est parti dans tous les sens. Il s’est passé tellement de choses en si peu de temps et ce fut évidemment la première source d’inspiration de beaucoup d’artistes, notamment les cinéastes, les metteurs en scène et les photographes qui ont su chacun raconter son propre ressenti.

Amine Landoulsi a brillamment marié la technique à l’émotion, car, face aux photos, on est d’abord frappé par son talent indéniable de chasseur d’images, de par la précision technique et la qualité des clichés, mais on est aussi saisi d’émotion et parfois même surpris de revoir sous un nouvel angle certaines réalités qu’on a tous vécues.

Le temps de ce vernissage, la grande histoire du pays s’est mêlée à la petite histoire de l’artiste qui a franchi ce soir-là un grand pas dans sa carrière artistique, car ce fut un travail de longue haleine qui s’est concrétisé dans ‘‘Amen’’. «Le terme travail est inapproprié pour ce que je fais quand toute la Tunisie est mon atelier (…) Je ne voyais jamais mes photographies comme un instant volé ou un jugement précoce, mais un moment de partage», précise-t-il.

L’exposition se poursuit jusqu’au 22 mars à la Maison de l’Image (40, rue Tarak Ibn Zied, Mutuelle-ville).

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