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Front populaire : La grande trahison de Hamma Hammami

Hamma Hammami, leader de la gauche ou son fossoyeur ?

En novembre 2013, le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, a enregistré l’appellation et le logo de cette coalition politique, en son nom propre, auprès de l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (Innorpi). Il a fait cela dans le dos de ses camarades… au cours de l’année des plus sanglante
que
la Tunisie ait jamais connu.

Par Yüsra Nemlaghi

Cela fait 3 semaines que les dirigeants du Front populaire ont appris cette information accablante pour Hammam Hammami qui multiplie les «manœuvres» ayant causé l’éclatement de cette coalition de gauche, fondée par le martyr Chokri Belaïd en 2012, avant d’être assassiné, le 6 février 2013, par des extrémistes religieux.

Hamma Hammami à l’Innorpi, qui aurait imaginé cela ?

Cette même année a d’ailleurs été particulièrement sanglante avec un 2e assassinat, le 25 juillet, du député du FP, Mohamed Brahmi, également par des extrémistes religieux, puis l’attaque terroriste contre la patrouille de la garde nationale ayant fait 6 morts, à Sidi Ali Ben Aoun.

C’est aussi cette année-là, alors que la gauche pleurait ses martyrs et menait le combat contre l’obscurantisme que Hamma Hammami a procédé à l’enregistrement du nom du FP en son nom propre, comme une propriété intellectuelle ou une vulgaire marque commerciale. Selon le député du Watad, Mongi Rahoui, le leader de la gauche radicale a mandaté pour cela un certain Mohamed Zinelabidine Zouari.

Souvenons-nous, c’était en pleine effervescence populaire contre le gouvernement de la «troïka», conduit par le parti islamiste Ennahdha, et du sit-in Errahil, au Bardo, ayant abouti, début 2014, au départ du gouvernement Ali Larayedh et à l’avènement d’un gouvernement de technocrates conduit par Mehdi Jomaa.

Alors que ses camarades de combat passaient des journées entières sous le soleil au Bardo, et même dormaient la nuit à même la chaussée, devant l’Assemblée nationale constituante (ANC), pour exiger le départ du gouvernement – certains, dont Mongi Rahoui, avaient même été agressés par des extrémistes à la solde d’Ennahdha -… C’est le moment que choisit Hamma Hammami pour trahir sa famille politique pour de viles calculs de leadership politique!

Mongi Rahoui : «Le Front populaire appartient à tous ses membres»

Selon Mongi Rahoui, l’un des 9 démissionnaires du bloc parlementaire du FP, cette grande trahison achève le processus de rupture initié par Hamma Hammami, qui, depuis mars dernier, tient des réunions des secrétaires généraux du FP, en en excluant ceux qui ne partagent pas ses positions et lui demandent des réformes internes. Ces derniers sont en droit de saisir la justice contre M. Hammami, pense M. Rahoui, qui a de la peine à croire
que son ancien camarade ait pu se rendre coupable d’une telle trahison.

«Le Front populaire appartient à tous ses membres et n’appartient à personne. On lui en fera cadeau, sauf qu’il n’est pas capable de montrer à tout le monde qu’il est un vrai leader de gauche et qu’il ne porte pas, en réalité, un projet axé sur sa personne», a lancé Rahoui, en ajoutant : «Je présente mes excuses aux Tunisiens pour ces divergences, on a tout fait pour ne pas en arriver là, mais Hamma et ses partisans nous y ont poussés et nous étions contraints de réagir».

Rappelons que la crise au sein du FP couve depuis au moins 2 ou 3 ans, mais elle a éclaté au grand jour lorsque le Watad a proposé la candidature de Mongi Rahoui à la prochaine présidentielle. Au lieu de saisir l’occasion pour démontrer son attachement à la démocratie en acceptant la tenue d’une élection primaire pour le choix d’un candidat du FP, et œuvrer pour le renouvellement d’une gauche qui ronronne, fait du surplace et perd du terrain, alors que la situation de crise dans le pays est propice à la montée d’une véritable force antilibérale et proche des préoccupations des gens, M. Hammami, en homme d’appareil (plus soviétique que lui tu meurt !), a préféré s’engager dans un bras-de-fer avec ses camarades. Mal lui a pris, car il a signé ainsi la fin de sa carrière politique, en ternissant définitivement son image aux yeux d’un grand nombre de Tunisiens.

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