La déclaration faite par Hannibal Mejbri à l’issue du match perdu contre le Mali en 8e de finales de la Coupe d’Afrique des Nations, hier soir, samedi 3 janvier 2026, à Casablanca, doit donner à réfléchir, et pas seulement aux acteurs du football dans notre pays. Vidéo.
Le meilleur joueur sur le terrain, hier soir, comme lors des trois précédents matchs de la compétition, inexplicablement sorti au milieu de la seconde mi-temps, n’y est pas allé par quatre chemins pour dire les choses crûment. «Désolé, peut-être que ça va faire le tour de la Tunisie. On rêve trop et on ne travaille pas assez. Et ça c’est le cas de tous les Tunisiens. On ne se forme pas. Ce n’est pas la honte d’apprendre tous les jours. Nous tous. Vous les premiers en tant que médias. Et moi le premier. Tout le monde doit apprendre. On doit vraiment se poser des questions, parce qu’on est en retard. En tant que pays, on est vraiment en retard. Il faut qu’on se repose des questions, que ce soit dans le football ou en tout.»
Rappelons que le même Mejbri avait, il y a quelques semaines, déploré l’état de la pelouse du Stade de Radès, le seul homologué par la Confédération africaine de football (CAF) pour accueillir les matchs internationaux, en expliquant qu’on ne peut pas jouer au football et sortir de bons matchs si on s’entraîne et on joue dans des conditions aussi déplorables. En débarquant au Maroc, il a d’abord loué l’excellent état des stades qui donnent envie de jouer au football : suivez mon regard !
Ce langage de vérité, direct et crû, tenu par un jeune footballeur doit interpeller tous les Tunisiens à quelque niveau qu’ils soient pour se remettre en question, retrousser les manches et travailler pour améliorer la situation dans le pays qui se dégrade dans tous les domaines. Et ce ne sont pas les discours soporifiques et menteurs des responsables qui vont y changer quoi que ce soit. Ils parlent trop, disent souvent des stupidités et ne font rien pour améliorer le vécu quotidien des gens.
A cet égard, le football, sport populaire par excellence, fonctionne comme un miroir grossissant: il nous renvoie notre image. Nous sommes médiocres, fainéants et, pour ne rien arranger, arrogants… en attendant la prochaine gifle. Et, hier, la gifle était retentissante et douloureuse pour tous les Tunisiens qui l’ont reçue comme telle. Vont-ils pour autant se réveiller enfin ?
I. B.



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