Le Dr Lilia Zakhama, chef du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure de La Marsa, souligne l’urgence d’une stratégie nationale, face à l’exode des médecins spécialistes tunisiens qui prend une telle ampleur au fil des ans qu’il risque, à terme, de provoquer une crise sanitaire et économique.
L’exode des médecins spécialistes, notamment des cardiologues, constitue une véritable crise sanitaire et économique pour la Tunisie. Selon le quotidien public ‘‘La Presse’’, cet exode de professionnels hautement qualifiés engendre des coûts directs et indirects insoutenables pour les finances publiques et les familles tunisiennes, fragilise les infrastructures hospitalières et pousse les patients vers le secteur privé ou à se faire soigner à l’étranger.
Chaque spécialiste qui quitte le pays représente un manque à gagner pour l’investissement public : l’État finance la formation de ces professionnels qui exercent ensuite dans des systèmes de santé étrangers.
Ce phénomène engendre des délais d’attente plus longs et une pénurie de soins. Le docteur Lilia Zakhama, chef du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure de La Marsa, citée par le journal, souligne l’urgence d’une stratégie nationale. Elle insiste également sur le fait que l’absence d’outils nationaux pour mesurer l’impact économique de cet exode constitue une «faiblesse structurelle».
La pénurie de cardiologues compromet non seulement la sécurité sanitaire, mais rend aussi les services hospitaliers moins efficaces et plus coûteux à gérer.
Pour remédier à cette situation, les experts proposent une restructuration en profondeur de l’offre de soins, avec la centralisation des activités les plus complexes dans des centres de référence régionaux et la révision des partenariats public-privé.
L’innovation technologique, souligne ‘‘La Presse’’, pourrait jouer un rôle clé. L’intelligence artificielle, correctement intégrée au système national, peut améliorer les diagnostics et optimiser les coûts, à condition de ne pas se limiter à l’achat de logiciels étrangers onéreux, mais plutôt de développer des outils adaptés au contexte tunisien.
La stratégie proposée vise non seulement à former de nouveaux médecins – une opération jugée «économiquement inutile» si elle s’adresse à l’exil – mais aussi à créer un cadre institutionnel qui implique la diaspora médicale. L’objectif est de transformer la fuite des cerveaux en atout grâce à la télémédecine, aux missions temporaires et aux collaborations de recherche, en intégrant les médecins expatriés au tissu économique et scientifique tunisien.
En définitive, endiguer l’exode médical signifie protéger les patients, rationaliser les services hospitaliers, tirer parti des technologies et autonomiser la diaspora. C’est la seule façon pour la Tunisie de transformer un problème de santé publique en une opportunité de développement.
I. B.



Donnez votre avis