L’AMT s’inquiète de la dégradation du système judiciaire en Tunisie

Le Bureau exécutif de l’Association des magistrats tunisiens (AMT) a réitéré sa condamnation de ce qu’il qualifie de harcèlement persistant, par le pouvoir exécutif, des juges révoqués, par le biais de poursuites judiciaires engagées contre eux malgré la suspension des ordonnances de révocation prononcées par le Tribunal administratif.

Dans un communiqué publié le 3 juin 2026, à l’occasion du quatrième anniversaire du décret de révocation de 57 juges, l’AMT a confirmé que le nombre de plaintes déposées contre les juges révoqués après les décisions favorables du Tribunal administratif dépasse désormais 109.

L’Association a affirmé que ces poursuites sont dépourvues de fondement factuel et juridique suffisant et visent à épuiser et harceler les personnes concernées.

L’AMT dont le président, Anas Hmadi, fait face lui-même à des poursuites judiciaires, a également critiqué ce qu’elle considère comme des tentatives d’entrave à la réinsertion professionnelle des magistrats révoqués, notamment par des contestations des décisions du Barreau national concernant l’inscription de plusieurs d’entre eux au tableau de l’Ordre des avocats. Le communiqué indique, à ce propos, que le ministère de la Justice a contesté certaines de ces décisions d’inscription et souligne également l’absence de date de prestation de serment pour certains magistrats dont l’inscription avait été acceptée.

Le bureau exécutif de l’AMT a affirmé que la question des magistrats révoqués resterait une priorité pour l’association jusqu’à ce que leurs droits soient rétablis et qu’ils puissent reprendre leurs fonctions, considérant ces révocations comme une plaie encore vive au sein du système judiciaire.

En revanche, l’association a remercié le Barreau national pour son soutien à plusieurs magistrats révoqués, dont l’inscription au tableau de l’Ordre des avocats a été jugée conforme à la loi.

Elle a également fait part de son soutien aux actions des avocats concernant la situation de l’institution judiciaire, exprimant son inquiétude face à la dégradation du système judiciaire et au vide institutionnel persistant dû à l’absence du Conseil supérieur de la magistrature, ainsi qu’à l’impact qui en résulte sur le fonctionnement des tribunaux et le parcours professionnel des magistrats.

I. B.

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