Une Tunisie frileuse dans un monde volatile

Dans la volatilité qui caractérise la situation internationale aujourd’hui, la Tunisie s’enfonce jour après jour dans une crise dont on ne voit pas la fin et voit s’éroder ses facteurs de cohésion interne, de résilience et de survie à la tempête qui pointe à l’horizon.

Elyes Kasri *

La Tunisie vit depuis 2011 une détérioration des indicateurs socioéconomiques concernant notamment l’inflation et le pouvoir d’achat ainsi que la tentation migratoire chez une proportion de plus en plus grande de Tunisiens et surtout les compétences, de même que plus récemment le sentiment d’envahissement par des populations subsahariennes.

Pour ne rien arranger, le vide à de nombreux postes d’administration et de décision donnent l’impression d’une absence de vision et de direction dans un monde de plus en plus volatile avec des velléités de plus en plus visiblement hostiles.

Cette perception accentue l’appréhension de l’avenir avec toutes sortes de rumeurs et de déclarations dont le rétrécissement de l’espace de débat ne fait que renforcer la dimension anxiogène et la crainte pour l’avenir au niveau personnel et national.

Le rétrécissement des horizons et les risques de plus en plus évidents dans la région et dans le monde d’une spirale incontrôlable d’actes hostiles envers notre pays et même d’un dérapage imminent de la violence donne le sentiment d’une insécurité existentielle et de la menace d’un écroulement à tout moment.

Dans cette volatilité internationale exceptionnelle, il semble difficilement discutable que la Tunisie voie s’éroder ses facteurs de cohésion interne, de résilience et de survie à la tempête qui pointe à l’horizon.

Le plus angoissant est que ce malaise profond ne puisse pas donner lieu à un consensus suffisant sur un scénario de sortie de crise et que la sobriété dans la réflexion et le discours n’arrive pas à survivre aux dérives conceptuelles et à la distorsion de la parole et du discours politique depuis la révolution de 2011 dont les révélations et retombées en donnent de plus en plus l’allure d’un complot dont la Tunisie peine à se relever, si jamais elle en serait capable.

* Ancien ambassadeur.

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