L’auteur, universitaire et écrivain, nous a fait parvenir le texte ci-dessous, où il réagit à la participation de Sana Ben Achour, Hamadi Redissi et Mouldi Gassoumi au débat organisé par le Front de salut national (FSN), une coalition regroupant des islamistes et des personnalités issues d’autres obédiences, et modéré par Samir Dilou, ancien dirigeant du parti islamiste Ennahdha. Il réagit aussi à la polémique que cette participation a suscité dans certains milieux, notamment de gauche.
La situation est suffisamment difficile pour ne pas la compliquer davantage avec des condamnations qui relèvent de l’anathème. Même si on n’est pas d’accord avec la participation à un débat organisé par les islamistes et leurs alliés, on n’a pas le droit de traiter Sana Ben Achour, Hamadi Redissi et Mouldi Gassoumi, ou toute autre personne qui fait le même choix, comme des traîtres et de leur donner des leçons parce qu’ils ont jugé utile de participer à un tel débat.
Il en est de même pour celles et ceux qui ont opté pour intégrer des coalitions, ou toute autre forme d’action commune, avec les islamistes et leurs alliés. Comme du temps de Ben Ali et du Collectif du 18 octobre 2005, je suis personnellement contre ce genre de normalisation avec les islamistes et les forces hostiles à la démocratie et aux droits humains quelle qu’en soit l’idéologie ; mais cela ne me donne pas le droit, aujourd’hui pas plus qu’hier, de jeter l’anathème sur celles et ceux qui font un autre choix.
Les démocrates et les progressistes n’ont rien à gagner de ce genre d’acharnement les uns contre les autres. Place au débat plutôt qu’à l’anathème.
Cherif Ferjani



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