Mobi-TRE renforce le rôle économique de la diaspora tunisienne

Les investissements des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) sont un levier stratégique pour le développement économique et social de leur pays. C’est ce qui ressort de la visite de suivi, organisée du 19 au 22 mai 2026, par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) Tunisie, dans le cadre de la deuxième phase du projet Mobi-TRE, financé par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

La mission, qui a réuni des représentants d’institutions tunisiennes, de l’AICS et de l’OIM, s’est déroulée dans cinq gouvernorats des zones de développement régional et a permis d’observer directement les résultats obtenus par neuf entreprises soutenues par le programme. Les entreprises visitées illustrent concrètement comment le capital financier, professionnel et humain de la diaspora tunisienne peut contribuer à la croissance régionale, en favorisant la création d’emplois, l’innovation et la transition vers des modèles économiques plus durables.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la contribution des Tunisiens de l’étranger, qui constituent l’une des principales sources de transferts de fonds pour le pays, mais sont également de plus en plus considérés comme des investisseurs, des entrepreneurs et des fournisseurs de compétences.

Grâce au projet Mobi-TRE, les bénéficiaires reçoivent un accompagnement combinant soutien financier, assistance technique et conseils administratifs, afin de transformer leurs idées entrepreneuriales en entreprises économiquement viables et ancrées localement.

L’un des aspects les plus marquants de la visite a été l’importance de la coopération entre les différentes institutions impliquées.

La mission comprenait des représentants du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, du ministère de l’Économie et du Plan, de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti), de l’Agence pour la promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), de l’Observatoire national de l’agriculture (Onat), ainsi que des antennes régionales de l’Office des Tunisiens de l’étranger (OTE) et des services de l’emploi des gouvernorats concernés.

La présence conjointe de ces acteurs a permis aux entrepreneurs de bénéficier de conseils personnalisés en matière de fiscalité, de développement commercial, d’accès aux marchés et de perspectives de croissance.

Selon l’OIM, ce modèle de coordination constitue un élément clé pour consolider un écosystème favorable aux investissements de la diaspora et réduire les obstacles bureaucratiques qui limitent souvent le potentiel des initiatives entrepreneuriales.

Une attention particulière a également été portée aux projets liés à l’économie verte et au développement durable. Plusieurs entreprises soutenues opèrent dans des secteurs contribuant à la transition écologique, ce qui confirme la prise de conscience croissante des investisseurs de la diaspora quant aux activités susceptibles de générer un impact économique et social positif à long terme.

Pour la coopération italienne, ce programme constitue un exemple concret de la manière dont la migration peut devenir un moteur de développement partagé. Grâce au soutien de l’AICS et du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le projet vise à renforcer les liens entre la diaspora et leurs pays d’origine, en encourageant les investissements productifs dans les régions intérieures tunisiennes, traditionnellement moins attractives pour les capitaux privés mais stratégiques pour la réduction des disparités régionales.

La récente mission a également mis en lumière la dimension humaine des initiatives soutenues par Mobi-TRE. Les témoignages des entrepreneurs rencontrés ont démontré comment le retour des compétences, de l’expérience professionnelle et des réseaux internationaux développés à l’étranger peut contribuer non seulement à la croissance des entreprises, mais aussi à la création de nouvelles opportunités pour les communautés locales.

Cette approche vise à faire de la mobilité internationale des Tunisiens une ressource structurelle pour le développement économique national, tout en renforçant le rôle de la diaspora comme partenaire du développement du pays.

I. B. (avec Agenzia Nova).

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