Cherchant à maintenir le contact avec un pouvoir exécutif qui le nargue et le néglige totalement, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a mis en garde le gouvernement contre les conséquences inflationnistes d’un recours excessif aux facilités de la Banque centrale de Tunisie (BCT) pour financer le budget.
Ces facilités ont atteint un niveau sans précédent d’environ 11 milliards de dinars, rappelle l’organisation, qui appelle à réserver ces fonds aux seules dépenses d’investissement public.
Dans une lettre adressée au ministère des Finances exposant ses propositions pour le projet de loi de finances 2027, a souligné la nécessité de rationaliser la politique d’endettement actuelle grâce à une diplomatie financière active et en évitant toute ambiguïté ; il a également proposé de relancer l’émission d’emprunts obligataires nationaux ouverts à l’ensemble des entreprises et des citoyens.
L’organisation a par ailleurs appelé à porter le budget de l’investissement public à 8 milliards de dinars afin de donner la priorité aux grands projets dans les secteurs de la construction, des infrastructures et des transports. Elle a également appelé à abandonner la politique de financement des déficits des entreprises publiques au profit d’un plan d’investissement global visant à les sauver — en particulier la Compagnie des phosphates de Gafsa et Tunisair — tout en mettant en place des mécanismes pour faciliter l’accès des entreprises nationales aux financements des fonds climatiques internationaux.
Neuf tranches d’impôt sur le revenu
Sur un autre plan, l’UGTT a proposé, dans sa lettre adressée au ministre des Finances, de relever à 7 000 dinars le plafond de la première tranche de l’impôt sur le revenu — laquelle est totalement exonérée d’impôt — tout en instaurant neuf tranches d’imposition dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027.
L’organisation a expliqué que cette proposition vise à alléger la charge fiscale pesant sur la classe moyenne et à respecter le principe de progressivité de l’impôt.
La centrale syndicale a également appelé à une révision des déductions fiscales pour les salariés, soit en supprimant le plafond des déductions pour frais professionnels, soit en le portant à 4 000 dinars par an, outre l’augmentation de la déduction fiscale pour les chefs de famille à 1 000 dinars et pour les enfants à 300 dinars.
L’UGTT a également critiqué les directives gouvernementales d’élaboration du budget axées sur l’austérité, faisant valoir que la limitation des promotions à un plafond de 40 % porte atteinte au principe du mérite professionnel ; il a réclamé l’insertion, dans la loi de finances, d’une disposition visant à mettre en œuvre les accords conclus avec la confédération syndicale qui restent en attente d’application.
I. B.



Donnez votre avis