Tunisie l Epargne nationale et financement de l’économie

La transformation digitale bancaire, l’inclusion financière et la souveraineté numérique doivent être perçues comme des conditions opérationnelles indispensables à la mobilisation des ressources nécessaires au financement durable de l’investissement, de la croissance et des équilibres budgétaires de la Tunisie.

Le 30 juin 2026, la ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, a réuni les responsables des banques et des établissements financiers afin de réaffirmer le rôle stratégique du secteur bancaire dans le financement de l’économie nationale, l’accompagnement de l’investissement et le soutien aux entreprises.

À cette occasion, elle a également appelé les banques à renforcer leur participation au financement du budget de l’État à travers les émissions de Bons du Trésor programmées au cours du second semestre 2026. 

Cette réunion met en évidence une réalité souvent absente du débat public : la capacité de l’État à financer ses priorités économiques dépend directement de la capacité du système bancaire à collecter et à mobiliser l’épargne nationale. Or, dans un contexte marqué par une progression continue de la masse monétaire fiduciaire circulant hors des circuits bancaires, cette fonction de mobilisation des ressources se heurte à une contrainte structurelle majeure.

L’économie du cash ne constitue pas uniquement un défi fiscal ou un facteur de développement de l’économie informelle ; elle représente également un enjeu central de financement de l’économie, de traçabilité des flux financiers et d’efficacité des politiques publiques. En ce sens, la réduction de la circulation monétaire hors circuit bancaire apparaît comme un préalable à la réussite des ambitions portées par le Plan de développement 2026-2030.

L’intérêt de cette question est d’autant plus manifeste que les débats parlementaires actuels portent simultanément sur les objectifs du Plan de développement et sur les mécanismes de lutte contre l’exclusion financière.

La transformation digitale bancaire, l’inclusion financière et la souveraineté numérique peuvent donc être perçues comme des conditions opérationnelles indispensables à la mobilisation des ressources nécessaires au financement durable de l’investissement, de la croissance et des équilibres budgétaires du pays.

La rencontre organisée par le ministère des Finances confirme finalement que les banques sont appelées à jouer un rôle central dans les années à venir. La question qui se pose est de savoir comment renforcer cette capacité de financement si une part croissante des liquidités continue d’échapper aux circuits formels de l’économie ? 

A. B. M.

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