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Facebook utiliserait les données des utilisateurs pour neutraliser ses concurrents


Mark Zuckerberg (Ph. Chip Somodevilla / Getty).

Nouveau rebondissement dans l’affaire Facebook. Le géant américain vient de faire encore la une, dernièrement, avec une autre histoire accablante concernant le traitement des données de ses utilisateurs. Et cette fois-ci, l’histoire pourrait avoir des conséquences réglementaires importantes.

Par Meriem Majdoub

D’après un reportage diffusé sur la chaîne américaine NBC News, Facebook et son fondateur, Mark Zuckerberg, avaient envisagé de vendre les données des utilisateurs aux développeurs d’applications, alors même que ce dernier admettait publiquement faire des efforts conséquents pour protéger la confidentialité des utilisateurs.

Contrairement aux déclarations publiques de Facebook, des documents internes de la société montrent qu’elle a proposée aux applications tierces de nombreuses méthodes pour rétribuer l’accès aux données des utilisateurs, notamment via les paiements directs. Des paiements qui seraient ainsi liés aux dépenses publicitaires et le partage de données, une sorte «d’arrangement» comme l’explique les journalistes de la NBC News.

Exploiter les données des utilisateurs pour tirer un maximum de profit

Certes, il n’est pas anodin que des entreprises partagent des informations sur leurs clients, mais Facebook, contrairement à la majorité des entreprises mondiales, dispose des données extrêmement sensibles que bon nombre de sociétés ne possèdent pas.

D’après des conversations recueillies en 2012, Mark Zuckerberg avait indiqué qu’il était ouvert à l’idée de réaliser des transactions avec les développeurs, et ce pour identifier la «valeur marchande réelle» des données utilisateur de la société.

Même si le géant américain a finalement renoncé à le faire, il a fini par utiliser ces données comme moyen de contrer ses concurrents. L’entreprise a ainsi partagé ses données avec les partenaires qui disposent d’une relation privilégiée avec les dirigeants de Facebook, et dans le même temps, refusé de les partager avec les entreprises concurrentes. Ainsi, Facebook a exploité les données des utilisateurs pour tirer un maximum de profit et neutraliser ses ennemis.

De son côté, la firme américaine dément ces accusations. Elle a indiqué à NBC News qu’elle n’accordait pas de «traitement préférentiel aux développeurs ou aux partenaires en raison de leurs dépenses publicitaires ou de leurs relations avec les dirigeants».

Bien que de nombreuses entreprises tirent profit de la collecte et de la vente des données des utilisateurs, les tentatives de Facebook de les exploiter de cette manière sont troublantes. Pour sa part, Zuckerberg avait déclaré en 2009 que Facebook ne vendrait jamais les données des utilisateurs.

«Même si Zuckerberg s’est engagé à prioriser la confidentialité, Facebook continue de traîner les casseroles. Cet épisode vient de faire suite à la fuite des données personnelles de 540 millions d’utilisateurs de Facebook. Des données qui étaient stockées en clair sur des buckets Amazon S3 sans grande sécurité. Elles auraient pu être téléchargées par n’importe qui. Les géants de la tech commencent eux à s’inquiéter de ces manquements à la sécurité car Facebook travaille avec un nombre incroyable d’entreprises et ces faits peuvent leurs créer beaucoup de tort», indique pour sa part François Rousseau, cofondateur du site LASPHERETECH.

La vie privée des utilisateurs de Facebook mise à l’épreuve

Ce n’est pas la première que Facebook se fait questionner sur sa manière de traiter les données des utilisateurs. Rappelez-vous, c’était au printemps 2018, le New York Times et le Guardian avaient publié des articles révélant que le cabinet de conseil politique Cambridge Analytica avait accédé aux données de près de 87 millions d’utilisateurs sans leurs connaissances.

Cette révélation était doublement controversée : les utilisateurs ne réalisaient pas à quel point leurs informations étaient disponibles, et ce même pour les applications Facebook qu’ils n’avaient pas approuvées, mais également à cause de la manière dont les données étaient potentiellement utilisées.

En effet, Cambridge Analytica, entreprise recrutée par Trump en 2016, avait utilisé des données provenant du géant américain afin de créer des profils d’électeurs et de cibler directement les utilisateurs.

Facebook a finalement modifié ses règles pour les développeurs d’applications, y compris les universitaires qui ont divulgué les données à Cambridge Analytica. Mais avec ce nouveau rebondissement, la vie privée des utilisateurs de Facebook sera encore mise à l’épreuve.

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