Les habitants de Douar Hicher, dans le gouvernorat de Manouba, ont vécu une tragédie humaine qui a choqué l’opinion publique, suite au décès d’un nourrisson de 9 mois, un incident qui a remis sur la table la problématique de la bureaucratie dans les établissements de santé publique.
La mère du nourrisson, Naïma, a confirmé lors d’une intervention dans l’émission Weekend Alkif sur Diwan FM, que le calvaire de son bébé avait commencé deux jours auparavant, lorsqu’il a contracté un gros rhume. La famille l’a emmené à l’hôpital d’enfants Bechir Hamza de Bab Saadoun, à Tunis, pour le faire soigner, mais l’administration a refusé de l’admettre, prétextant que les parents ne disposaient pas d’une carte de soins gratuits et exigeant le paiement d’une somme dont ces derniers ne disposaient pas à ce moment-là.
Après s’être vu refuser l’hospitalisation de leur nourrisson, les parents l’ont ramené à la maison, n’ayant pu acheter que du sirop contre la toux et du sérum physiologique à la pharmacie. Malheureusement, l’état du bébé s’est aggravé et il est décédé le lendemain matin.
La mère a expliqué avoir tenté de contacter les services compétents pour faire valoir son droit aux soins, mais sans succès. En guise de protestation, elle a refusé de remettre le corps de son nourrisson pour qu’il soit enterré et exigé la présence du gouverneur de Manouba, ajoutant qu’elle tient les autorités locales et régionales pour responsables du décès de son bébé. Elle a ajouté avoir rencontré par la suite le gouverneur, qui a promis de l’aider à obtenir une carte de soins gratuits ou à tarifs réduits dans le courant de la semaine.
Suite à la médiatisation de cette affaire, le parquet du tribunal de première instance de Manouba a ouvert une enquête sur les circonstances du décès du nourrisson et ordonné le transfert du corps au service de médecine légale afin de déterminer la cause exacte du décès, a indiqué Diwan FM en citant une source judiciaire.
I. B.



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