Un groupe d’activistes politiques et de défenseurs des droits de l’homme ont signé et diffusé une pétition en soutien à Kamel Jendoubi, militant des droits humains, «cible d’attaques et de campagnes de dénigrement pour son engagement constant aux côtés de toutes les victimes de la répression en Tunisie», estiment-ils.
Les 270 premiers signataires de la pétition, dont Bochra Belhaj Hamida, Khadija Cherif, Souhayer Belhassen, Mokhtar Trifi, Sana Ben Achour, Sophie Bessis et autres Hélé Béji, ont rappelé les combats menés par Kamel Jendoubi pendant un demi-siècle contre le racisme et pour la défense des droits des migrants et l’égalité des droits.
«Militant contre le despotisme, du temps de Bourguiba, puis de Ben Ali, il est co-fondateur en 1996 du CRLDHT, dont la vocation était de relayer la lutte pour les droits et les libertés dans le pays, du temps où la persécution, l’exil où l’enfermement était le lot des combattants pour la liberté», rappellent-ils, en exprimant leur «vive indignation face à la campagne qui [le] prend pour cible» et qui serait menée, selon eux, par «les cercles habituels proches du pouvoir», ainsi que d’«opposants progressistes autoproclamés.»
«La cabale contre Jendoubi aujourd’hui – parce qu’il refuse de faire le tri des victimes – relève au fond d’une vision perverse qui conçoit les droits comme autant de privilèges que l’on concède aux uns et dont on prive les autres. Une vision aux antipodes des droits humains», soulignent les pétitionnaires qui expriment leur «solidarité indéfectible avec Kamel Jendoubi face aux campagnes de calomnie et d’agitation», rappellent que «la défense de tous les opposants et de toutes les victimes de la répression, quelles que soient leurs obédiences, est un devoir et nom une tare politique» et réaffirment que «toute tentative de porter atteinte à ce principe s’attaque à l’universalité des droits humains et à l’éthique de l’action politique et civique.»
Cette pétition fait suite aux attaques dont l’ancien président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) fait l’objet de la part de certains pseudo progressistes qui lui reprochent de défendre tous les prisonniers politiques sans discrimination, y compris les dirigeants du parti islamiste Ennahdha, voyant dans son engagement indiscriminé en faveur des droits et des libertés une forme de compromission avec certaines tendances considérées comme rétrogrades.
I. B.



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