Conect | Dialogue public-privé pour accélérer la transition énergétique

La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a organisé, mardi 17 février 2026, une Conférence nationale consacrée aux énergies renouvelables, placée sous le thème : «Projets d’énergies renouvelables sous régime des autorisations : cadre actuel, enjeux et perspectives d’amélioration». L’organisation patronale a voulu créer un espace de dialogue entre décideurs publics, investisseurs et professionnels du secteur, dans un contexte marqué par l’accélération de la transition énergétique en Tunisie.

Lotfi Sahli

Cette rencontre a rassemblé l’ensemble des acteurs concernés par le secteur, notamment des opérateurs économiques, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), la Direction de l’énergie, des industriels, des bureaux d’études et des investisseurs. Plusieurs institutions financières et organismes publics ont également pris part aux échanges, dont la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) de Tunisie ainsi que deux banques de la place, dont une spécialisée dans la finance islamique.

A l’ouverture des travaux, le président du Groupement professionnel des énergies renouvelables (GPER) au sein de la Conect, Sadok Besbes, a insisté sur l’importance du régime des autorisations comme levier de relance du secteur. Selon lui, ce mécanisme constitue un outil déterminant pour redynamiser l’investissement et renforcer la confiance des opérateurs économiques. Il a souligné que de nombreuses entreprises, tunisiennes et étrangères, manifestent un intérêt croissant pour les projets d’énergies renouvelables, à condition que le cadre réglementaire soit lisible et les procédures suffisamment fluides.

Vision, simplification, accélération

Le président de la Conect, Aslan Ben Rejeb, a mis en avant l’importance stratégique des licences accordées aux projets d’énergies renouvelables, tant sur le plan juridique que financier, soulignant leur rôle déterminant dans l’accélération de la transition énergétique, notamment pour les PME régionales, qui y trouvent un levier de compétitivité et de diversification. Ben Rejeb a salué le lancement d’un cinquième cycle d’octroi de licences, révélateur de la volonté des autorités de stimuler le secteur. Estimant que le déficit énergétique peut devenir une opportunité, il a plaidé pour un soutien accru au secteur privé, à travers des procédures simplifiées et une vision claire. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’un accompagnement plus soutenu du secteur privé, appelant à des procédures accélérées, à une simplification administrative et à une vision stratégique claire de la part du ministère de tutelle.

La ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, a annoncé l’octroi de 187 licences pour des projets d’énergies renouvelables, soulignant le rôle central de ce mécanisme dans la transition énergétique. Elle a indiqué que ce dispositif vise à accompagner les entreprises industrielles et de services souhaitant couvrir leurs besoins en énergie verte. Le système permet également aux PME de produire et de commercialiser leur propre électricité. Selon la ministre, cet investissement constitue une opportunité stratégique pour l’État, l’économie nationale et les opérateurs privés.

La conférence a donné la parole aux principaux acteurs institutionnels du secteur énergétique. Des représentants de la Direction générale de l’énergie, de l’ANME et de la Steg sont intervenus pour exposer, chacun dans son domaine de compétence, l’état d’avancement du programme des énergies renouvelables.

Fatma Chiboub Thabet.

Contraintes techniques, réglementaires et financières

Les intervenants ont exprimé leur engagement et leur enthousiasme à accompagner la mise en œuvre de cette stratégie nationale, tout en reconnaissant l’existence de contraintes techniques, réglementaires et financières. Ils ont détaillé les efforts entrepris pour moderniser le cadre juridique, renforcer les infrastructures du réseau électrique et améliorer les mécanismes d’intégration de l’électricité verte. Tous ont insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les institutions publiques et les opérateurs privés afin d’assurer la réussite durable du programme et d’atteindre les objectifs fixés en matière de transition énergétique.

Un débat particulièrement riche et animé a suivi les interventions des différents responsables et experts présents. Les échanges ont porté sur les problématiques les plus sensibles liées au régime des autorisations, notamment les délais d’instruction des dossiers, la complexité des procédures administratives et le manque de visibilité pour les porteurs de projets.

La question du raccordement au réseau électrique a occupé une place centrale dans les discussions. Plusieurs participants ont soulevé les difficultés techniques et les contraintes liées à la capacité d’absorption du réseau, ainsi que les coûts et les délais associés aux travaux de connexion. Les intervenants ont également évoqué la nécessité d’une meilleure planification des infrastructures et d’une coordination renforcée entre les différentes parties prenantes.

Ce débat a permis de mettre en lumière les attentes du secteur privé, tout en ouvrant la voie à des propositions concrètes visant à fluidifier les procédures et à accélérer la mise en œuvre des projets.

La conférence s’est clôturée par l’intervention de Wael Chouchane, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, chargé de la Transition énergétique, qui a salué la qualité des débats et l’engagement de tous les acteurs présents, soulignant l’importance de la concertation entre le secteur public et le secteur privé pour réussir la transition énergétique. Il a également réaffirmé la volonté de l’État de soutenir les projets d’énergies renouvelables, en insistant sur la nécessité de simplifier les procédures et de renforcer les infrastructures pour permettre un développement durable et efficace du secteur.

Interrogé sur la capacité des réseaux électriques de transport et de distribution à soutenir une telle expansion des projets d’énergies renouvelables, le directeur général adjoint de la Steg s’est déclaré confiant.

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