Face aux mutations technologiques mondiales, l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a publié une nouvelle note stratégique intitulée : «Pour une stratégie tunisienne d’adoption de l’IA dans le système éducatif», où les auteurs proposent une feuille de route concrète pour intégrer l’intelligence artificielle (IA) comme levier de performance pédagogique, tout en répondant aux défis de demain.
Ces défis sont l’adaptation des programmes aux métiers du futur ; la formation des enseignants aux nouveaux outils numériques et un cadre éthique et réglementaire pour protéger les apprenants. L’objectif étant de préparer les futurs talents à l’économie de demain et renforcer l’employabilité des jeunes diplômés.
Le document de l’IACE se base notamment sur les outils existants en EdTech IA, l’étude des divers modèles de pays ayant adopté ces technologies, le contexte socio-économique et les défis d’infrastructure tunisiens.
L’IA offre des bénéfices majeurs dans l’enseignement : la personnalisation de l’apprentissage (adaptation du rythme et du contenu), le soutien à la productivité des enseignants (préparation des cours, correction automatisée) et une meilleure inclusion des apprenants (outils d’accessibilité).
Cependant, elle n’est pas exempte de risques, notamment la fracture numérique (due au coût du matériel et de l’accès), la déshumanisation (isolement des apprenants) et les préoccupations liées à l’éthique/protection des données.
En Tunisie, l’intégration de l’IA est en phase de réflexion principalement au niveau d’organismes tels que le Centre national des technologies en éducation (CNTE) et l’Université virtuelle de Tunis (UVT), d’expérimentation dans les universités et elle est soutenue essentiellement par des initiatives individuelles.
Ces efforts sont fortement handicapés par la faiblesse de l’infrastructure numérique dans les établissements publics et l’absence d’une stratégie nationale structurée.
Malgré cela, la Tunisie se classe au 2e rang en matière de préparation des talents à l’IA selon l’AI Talent Readiness Index for Africa 2025 avec près de 1 400 spécialistes IA formés par an, entre diplômes (800) et reconversions (600). Un positionnement qui peut permettre de contribuer à satisfaire les besoins des entreprises qui ont placé leurs besoins en spécialistes IA et apprentissage en 2ème position des emplois les plus demandés après ceux du Big data.
La stratégie proposée pour le système éducatif tunisien vise une approche pragmatique et à faible coût pour favoriser le succès et la pérennité de l’intégration de l’IA dans les écoles, les collèges, les lycées, les centres de formation professionnelle et l’université.



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