L’expert en développement et gestion des ressources en eau, Hussein Rehili, a affirmé que la Tunisie accuse un retard de près de 30 ans dans la réutilisation des eaux usées traitées, une ressource gaspillée dans notre pays et qui pourrait jouer un rôle crucial pour relever les défis futurs, notamment ceux liés au stress hydrique qui s’aggrave avec le réchauffement climatique.
M. Rehili, qui intervenait dans l’émission ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, vendredi 13 mars 2026, a ajouté que le secteur de l’eau en Tunisie souffre d’une fragmentation institutionnelle entre plusieurs ministères, alors qu’une vision unifiée et une planification coordonnée pourraient aider à mieux gérer cette ressource vitale.
Les sources d’eau conventionnelles relèvent du ministère de l’Agriculture, tandis que les eaux usées traitées sont gérées par celui de l’Environnement et l’eau de source, l’eau en bouteille et l’eau thermale dépendent du département de la Santé.
Cette fragmentation, a soutenu l’expert, empêche l’élaboration d’une politique globale de l’eau, au moment où le pays fait face à un stress hydrique croissant et a du mal à mobiliser suffisamment d’eau pour l’irrigation.
M. Rehili a souligné la nécessité pour l’Office national de l’assainissement (Onas) de conclure un accord avec le ministère de l’Agriculture pour la réutilisation des eaux usées traitées dans les zones irriguées, en déplorant que des obstacles administratifs empêchent la généralisation de cette pratique aussi utile que nécessaire. Selon les données officielles, le taux de réutilisation des eaux usées traitées en Tunisie ne dépassait pas, en 2024, 5 à 7 %, un pourcentage très faible compte tenu de la rareté de l’eau dans le pays, alors que ce taux atteint environ 80 % en Israël, 13 à 15 % en Espagne et 8 % en Italie, pays méditerranéens soumis aux mêmes défis de rareté de l’eau.
Le projet visant à améliorer la valeur et la qualité des eaux usées traitées, annoncé par le ministère de l’Environnement en partenariat avec celui de l’Agriculture et en coopération avec l’Italie, constitue une étape importante vers le développement de l’utilisation de ces ressources dans les stations d’épuration.
Le projet coûte environ 620 millions de dinars et repose sur trois piliers principaux : l’amélioration du traitement de l’eau, le soutien aux performances du secteur agricole et la promotion de la formation et de la recherche scientifique dans les domaines de l’eau et de l’agriculture.
I. B.



Donnez votre avis