Le taux d’erreurs médicales en Tunisie n’est pas élevé

Le porte-parole officiel du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), Samir Chtourou, a mis en garde contre la présentation des erreurs médicales hors de leur contexte scientifique et a critiqué la manière dont ce sujet a été récemment traité à la télévision, soulignant que les discussions sur ces questions doivent être équilibrées et impliquer toutes les parties prenantes afin d’éviter d’induire l’opinion publique en erreur.

M. Chtourou qui intervenait dans sur Diwan FM hier soir, mardi 21 avril 2026, a insisté sur le caractère sensible du sujet et la complexité des questions scientifiques qu’il soulève.

Tout en reconnaissant l’existence de cas d’erreurs médicales en Tunisie, le porte-parole de l’Ordre des médecins a précisé que leur nombre n’excède pas quelques dizaines par an. Il a, également, souligné la nécessité de pointer la responsabilité de toute personne reconnue coupable d’une erreur médicale, et éviter de stigmatiser le corps soignant dans son ensemble. D’autant plus que, selon, lui, la justice tunisienne rend systématiquement justice aux patients dans de tels cas.

«La loi relative aux droits des patients et à la responsabilité médicale a été promulguée pour remédier à ces problèmes», a souligné M. Chtourou, en assurant que le taux d’erreurs médicales en Tunisie reste faible comparé à ceux enregistrés dans de nombreux pays développés dotés de capacités avancées.

Incidence des erreurs en milieu hospitalier

En Tunisie, il n’existe pas de statistiques nationales officielles centralisées publiant un taux global annuel des erreurs médicales. Cependant, des études hospitalières et des analyses sectorielles permettent de donner un aperçu sur leur incidence en milieu hospitalier. Selon une étude dans un hôpital du centre-est a révélé une incidence d’événements indésirables graves (EIG) de 13,7 % dans les services médicaux et 8,9 % dans les services chirurgicaux.

Quant aux infections nosocomiales, elles représentent la première cause d’EIG dans l’étude citée, avec une proportion de 45 %.

S’agissant des erreurs médicamenteuses, une évaluation dans un service de réanimation a détecté un taux d’erreurs de prescription de 9 %.

D’une façon générale, et bien que des erreurs s’y produisent quotidiennement, le système de santé tunisien est reconnu comme l’un des meilleurs en Afrique, même s’il est confronté à des défis de qualité des soins, notamment dans les hôpitaux publics, en raison du manque de médecins spécialistes et d’équipements de pointe.

I. B.

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