Trafic de migrants | Un rapport européen pointe la Tunisie et la Libye

Le rapport intitulé «Trafic de femmes orchestré par l’État : violences sexistes et vente de migrants noirs de Tunisie vers la Libye» a été présenté, mercredi 22 avril 2026, au Parlement européen. Ce document a été préparé par RR(x), un groupe de recherche international qui a souhaité conserver l’anonymat et utiliser un pseudonyme collectif.

«Ce rapport met en lumière un système de trafic d’êtres humains, une chaîne de vente organisée de migrants entre la Tunisie et la Libye. L’État tunisien, avec la contribution et le financement de fonds européens, joue un rôle clé dans ce contexte : des couloirs humanitaires doivent être ouverts, des enquêtes indépendantes doivent être menées et, surtout, la Tunisie ne peut être considérée comme un pays sûr», a commenté Ilaria Salis, députée européenne AVS, en marge de la conférence de presse de présentation du rapport au Parlement européen.

S’appuyant sur 33 entretiens avec des victimes d’expulsions et de traite des êtres humains, le rapport couvre la période de juin 2023 à décembre 2025. «Nous sommes confrontés à une traite criminelle orchestrée par des États», a souligné Leoluca Orlando, député européen du groupe AVS. «L’externalisation des politiques migratoires contribue clairement à alimenter ce type de criminalité : maintenant que le rapport est publié, l’Union européenne ne peut plus rester silencieuse», a-t-il ajouté.

Les témoignages ont permis d’estimer qu’entre juin 2023 et décembre 2025, environ 7 400 personnes ont été victimes de ce trafic, un chiffre probablement sous-estimé car il ne prend en compte que les opérations directement documentées, souligne le rapport qui identifie les plaques tournantes clés de ce trafic d’êtres humains en Tunisie et en Libye. Les victimes sont soumises à l’extorsion et à l’esclavage. Pour les femmes, le sort est souvent la prostitution forcée, considérée comme le seul moyen de «rembourser la dette» contractée auprès des trafiquants.

Selon Ilaria Salis, «ce qui se dessine n’est pas une série d’incidents isolés, mais un système de trafic d’êtres humains, une chaîne organisée de capture, de déportation et de trafic d’êtres humains à travers la frontière entre la Tunisie et la Libye, qui touche particulièrement les femmes, les exposant à des violences systématiques, au viol et à l’exploitation.»

I. B.

Sources : Eunews et Ansamed.  

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