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Affaire Khashoggi : La CIA accuse Mohamed Ben Salman d’être le commanditaire


MBS et son frère Khaled Ben Salman, ambassadeur à Washington.

La CIA a conclu que le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman a commandité l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien à Istanbul, le 2 octobre dernier, rapporte vendredi 16 novembre 2018, le ‘‘Washington Post’’, citant plusieurs sources anonymes de l’investigation diligentée par la CIA.

Par Imed Bahri

L’accusation du puissant prince héritier saoudien contredit la version du parquet saoudien qui a disculpé MBS, avant-hier, jeudi 15 novembre, estimant qu’il ignorait tout de ce dossier.

D’après le ‘‘Washington Post’’, réputé pour son journalisme d’investigation et pour ses puissantes sources au cœur des pouvoirs successifs à Washington, l’opération a été minutieusement préparée à l’avance.

Des révélations gênantes pour les autorités saoudiennes

Le prince héritier MBS et son frère Khaled Ben Salman, ambassadeur de l’Arabie saoudite à Washington ont bel et bien participé à la mise en place d’un guet-apens à l’endroit de M. Khashoggi. Khaled Ben Salman a conseillé à M. Khashoggi, résidant à Washington mais se rendant à Istanbul, de se rendre au consulat saoudien dans la ville turque, lui assurant qu’il ne lui arriverait rien. Le quotidien américain ajoute qu’il avait passé un coup de fil à la demande de son frère MBS.

Le quotidien précise toutefois qu’il n’était pas clair que Khaled Ben Salman soit au courant que M. Khashoggi serait ensuite assassiné. L’ambassadeur n’a pas manqué de démentir catégoriquement, sur son compte Twitter, les informations du ‘‘WP’’ aussitôt révélées.

Ces révélations sont aussi bien gênantes pour les autorités saoudiennes et en premier lieu pour le véritable maître du royaume, l’impulsif et brutal MBS qui n’a pas pu étouffer l’affaire Khashoggi, devenue un véritable boulet pour lui, mais ces révélations le sont tout autant gênantes pour l’administration Trump, protectrice et soutien de MBS, son principal allié dans le monde arabe.

L’administration Trump à la manœuvre pour sauver MBS

Jeudi, le département d’État américain a déclaré que Washington continuait d’étudier la demande turque d’extradition du prédicateur Fethullah Gülen, bête noire d’Erdogan qu’il avait qualifié d’être derrière la tentative de putsch ratée de juillet 2016. Selon la chaîne américaine NBC, cela s’inscrit dans un effort diplomatique pour que le président turc relâche la pression sur MBS dans l’affaire Khashoggi.

En début de semaine, John Bolton, faucon de l’administration Bush et de l’actuelle administration Trump dans laquelle il officie en tant que conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, a dédouané MBS de toute responsabilité dans l’assassinat, après que des experts américains ont écouté un enregistrement audio du crime, remis par les services de renseignements turcs à Washington, et à d’autres pays occidentaux.

Les révélations du ‘‘WP’’ mettent l’actuelle administration Trump, qui est déjà accusée par la presse américaine et une partie de la classe politique de laxisme et de complaisance en faveur de MBS, dans de mauvais draps et les efforts de l’administration Trump de tirer d’affaire MBS deviennent de plus en plus compliqués. Le Saoudien devient un allié de plus en plus gênant, de plus en plus encombrant et de plus en plus indéfendable.

Aujourd’hui, Washington est divisé à cause de l’affaire Khashoggi qui n’est pas prête à être enterrée.

Rappelons qu’hier, vendredi 16 novembre, le journal turc ‘‘Hürriyet’’ en possession d’un second enregistrement audio de ce qui s’est passé dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul couvrant aussi bien le moment avant l’arrivée de M. Khashoggi au consulat que le moment suivant son arrivée et pendant son meurtre démentent la version du parquet saoudien.

L’enregistrement révèle que le journaliste saoudien n’est pas mort par l’administration d’une substance mais étranglé par une corde ou asphyxié par un sac. L’enregistrement révèle que le commando dépêché par Riyad à Istanbul afin de liquider le journaliste pourfendeur de MBS discutait avant son arrivé du plan pour l’assassiner.

Affaire à suivre…

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