Le poème du dimanche | ‘‘Asra’’* de Heinrich  Heine

Né en 1797 à Düsseldorf, Heinrich Heine est poète, journaliste, critique, essayiste et polémiste. Il est considéré comme l’une des voix importantes du romantisme allemand.  

Heine s’engage peu à peu dans les idéaux politiques qu’il découvre dans la révolution française de 1830. Ce qui lui draine les foudres de la censure et les attaques, de toutes sortes, y compris pour des raisons confessionnelles. Il se convertit au christianisme et quitte l’Allemagne, s’installe en France, en 1831, jusqu’à son décès, en 1856, à Paris, où il est enterré sous le nom de Henri Heine.

Marquée par des voyages, surtout en Italie, sa poésie ne manquera pas de s’ouvrir à des imaginaires du sud. En témoigne le poème suivant.

Tahar Bekri

Chaque jour au crépuscule

La divine fille du Sultan

Flânait près de la fontaine

Jaillissante d’eau blanche et d’écume.

Chaque jour au crépuscule

Se tenait le jeune esclave à la fontaine

Jaillissante d’eau blanche et d’écume,

Chaque jour un peu plus pâle.

Un soir s’approcha la Princesse

Et, de quelques mots brefs :

«  Je veux savoir ton nom,

Ton pays, ta tribu : »

Et le jeune esclave parla :

« Je m’appelle Mohamed,

Je viens du Yémen, de la tribu des Asra,

Ceux qui meurent quand ils aiment. »

* Asra : esclaves ? NDR

‘‘Romancero’’, traduit de l’allemand par  Serge Dinerstein

(Remerciements site La Cave à poèmes).

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