Tunisie | La canicule aurait fait au moins 150 morts

Selon des estimations du Dr Wajih Dhokkar, président de l’Ordre des jeunes médecins de Tunisie (OJMT), la canicule conjuguée aux coupures intermittentes d’électricité infligées aux Tunisiens depuis plus d’une semaine, aurait fait entre 150 et 200 morts dans les hôpitaux publics parmi les patients souffrant de difficultés respiratoires et autres pathologies chroniques.   

Dans un communiqué publié avant-hier, mercredi 22 juillet 2026, l’OTJM a appelé le ministère de la Santé à intervenir et à communiquer avec le public afin de clarifier la réalité de la crise sanitaire – notamment le nombre de décès et la situation des hôpitaux face aux coupures d’électricité et aux perturbations de l’approvisionnement en eau – en pleine vague de chaleur sans précédent.

Les chiffres publiés par l’OTJM, estimant à plus de 150 le nombre de décès dus à la vague de chaleur et aux coupures d’électricité, ont été compilés et publiés avec une grande prudence, étant donné que :

1- ce chiffre choque les citoyens, d’autant qu’il n’y a eu aucun débat public sur les décès survenus dans les hôpitaux ;

2- nous sommes bien conscients que les autorités rejettent toute voix dissidente et utilisent le décret 54 pour réduire l’opposition au silence, et il est tout à fait possible que ce sort soit également réservé aux jeunes médecins qui parlent aux médias de la situation difficile voire catastrophique à laquelle ils font face quotidiennement dans les hôpitaux publics.

Il incombe au ministère de la Santé d’évaluer la situation et d’en exposer les faits au public. En cas de pénurie de ressources matérielles, les citoyens sont en mesure d’apporter leur contribution. Si une pénurie de ressources humaines venait à se faire sentir, les étudiants en médecine et en soins infirmiers sont prêts à se porter volontaires pour soutenir le personnel soignant. Enfin, le défaut de communication du ministre de la Santé envers le public, conjugué à la politique adoptée pour gérer cette crise, fait peser une lourde responsabilité sur ses épaules, tant devant l’histoire que devant le peuple tunisien, estime l’OTJM.

I. B.

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