Le président de l’Association des parents d’élèves, Ridha Zahrouni, a affirmé que les cours particuliers (ou le soutien scolaire privé) sont devenus un «mal nécessaire» en Tunisie, malgré le lourd fardeau qu’ils représentent pour les parents, dont la plupart des parents sont désormais contraints d’y recourir pour assurer la réussite de leurs enfants et améliorer leurs résultats scolaires, compte tenu du déclin de la qualité de l’enseignement dans les écoles publiques.
De nos jours, presque tous les parents sont contraints de dépenser pour des cours particuliers, que ce soit pour remédier aux lacunes scolaires de leurs enfants ou aider à améliorer leurs notes, a indiqué Zahrouni, soulignant que les familles subissent une pression financière et psychologique constante en raison du rythme intensif des cours qui s’étendent sur toute l’année scolaire et même pendant les vacances.
Dans une déclaration à Mosaique FM, M. Zahrouni a expliqué que le volume des transactions financières liées au soutien scolaire privé est devenu colossal, avec des estimations oscillant entre 1,5 et 3 milliards de dinars par an. Selon lui, cela reflète l’expansion du phénomène et sa transformation en une véritable économie parallèle au sein du système éducatif.
Cette déclaration s’inscrit dans le contexte des rapports et études publiés précédemment par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), qui alertaient sur l’aggravation du phénomène des cours particuliers et ses répercussions socio-économiques. Le Forum soulignait que les dépenses liées à l’éducation non formelle absorbent désormais une part importante du budget des familles tunisiennes, notamment en raison de la baisse du pouvoir d’achat et de la hausse de l’inflation.
M. Zahrouni a insisté en particulier sur le fait que «les élèves les plus défavorisés sont les principales victimes de ce système éducatif» à deux vitesses, d’autant plus que certains enseignants n’hésitent pas à exiger des honoraires exorbitants à l’approche des examens nationaux. Tirer profit du besoin de cours particuliers des élèves est contraire aux valeurs éducatives et au principe d’égalité, a le président de l’Association des parents d’élèves, en appelant à la mise en œuvre de véritables réformes au sein du système éducatif, axées principalement sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement public et la réduction des raisons justifiant le recours intensif aux cours particuliers. «L’école publique n’est plus en mesure, à elle seule, de garantir l’acquisition des connaissances requises pour l’élève, ce qui pousse les familles à rechercher des alternatives coûteuses pour assurer l’avenir de leurs enfants», a déploré M. Zahrouni.
I. B.



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