Le CRLDHT alerte sur la situation alarmante dans les prisons tunisiennes

Dans une «alerte urgente» publiée le 24 juillet 2026, Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) attire l’attention des autorités sur le fait que la canicule que connaît ces derniers jours la Tunisie «transforme les prisons en un danger imminent pour la vie des prisonniers.» Et rappelle la nécessité de «protéger immédiatement la vie et la santé des personnes détenues en Tunisie.»  

Tout en exprimant «sa plus profonde inquiétude face aux informations de plus en plus nombreuses, concordantes et alarmantes faisant état d’une dégradation extrêmement grave des conditions de détention dans les prisons tunisiennes, aggravée par la vague de chaleur exceptionnelle qui frappe actuellement le pays», l’Ong tunisienne basée à Paris souligne que «les températures dépassent 50°C dans plusieurs régions, que les pénuries d’eau et les coupures d’électricité affectent durablement l’ensemble du territoire et que les établissements pénitentiaires connaissent une surpopulation chronique», ajoutant que «les prisons tunisiennes sont en train de devenir de véritables espaces de souffrance où la santé, l’intégrité physique et parfois la vie même des personnes détenues sont directement menacées.»

Evoquant les témoignages recueillis auprès des familles, des avocats, d’anciens détenus et des organisations de défense des droits humains, le CRLDHT parle d’«une situation insoutenable : cellules transformées en fours, absence de ventilation, manque d’eau, chaleur suffocante, accès limité aux soins, retards dans l’exécution des prescriptions médicales et restrictions aux visites des proches et des avocats».

Face à cette «situation humanitaire extrêmement préoccupante, susceptible d’entraîner des conséquences irréversibles pour les personnes les plus vulnérables», le CRLDHT exprime sa plus vive préoccupation face aux informations «extrêmement alarmantes» concernant Rached Ghannouchi, âgé de 85 ans, «qui aurait été victime d’un malaise, accompagné d’un évanouissement et d’un état d’épuisement sévère, dans un contexte marqué par une chaleur accablante.»

Le CRLDHT «exprime également sa profonde inquiétude concernant la situation d’Ahmed Néjib Chebbi, Chawki Tabib, Mondher Ounissi, Lotfi Mraïhi, Issam Chebbi, Abdelhamid Jelassi, Chaïma Issa, Ghazi Chaouachi, Abir Moussi, Ridha Belhaj, Sahbi Atig, Jaouhar Ben Mbarek, Ayachi Hammami, ainsi que de nombreux autres prisonniers politiques dont les familles et les avocats alertent régulièrement sur les conséquences de la chaleur extrême, les difficultés d’accès aux soins, les restrictions imposées aux visites et la dégradation progressive de leur état de santé.»

Tout en rappelant que «plusieurs de ces détenus sont âgés, souffrent de maladies chroniques – notamment de diabète, de pathologies cardiovasculaires, rhumatismales ou d’autres affections nécessitant un suivi médical permanent – ou présentent une vulnérabilité particulière incompatible avec les conditions de détention actuelles», et que les établissements pénitentiaires se caractérisent par la surpopulation, le manque de ventilation, les coupures d’électricité, les pénuries d’eau et l’insuffisance des services médicaux, situation générale alarmante aggravée par la canicule, le CRLDHT appelle à «une révision en profondeur de la politique pénale et carcérale.»

«Il est indispensable de réduire le recours excessif à l’incarcération, de développer les alternatives à la détention et de faire de la privation de liberté une mesure véritablement exceptionnelle, conformément aux principes fondamentaux de la justice», note l’Ong, qui rappelle que «les autorités tunisiennes sont légalement tenues d’assurer la protection des personnes placées sous leur garde» et qu’ «aucune circonstance exceptionnelle, y compris une crise climatique ou des difficultés matérielles, ne saurait exonérer l’État de cette responsabilité.»

Dans ce contexte, le CRLDHT demande «la mise en œuvre immédiate d’un plan national d’urgence sanitaire dans tous les établissements pénitentiaires, afin de faire face aux conséquences de la canicule», notamment par l’approvisionnement permanent des prisons en eau potable, le rétablissement continu de l’alimentation électrique et la mise en place de systèmes de ventilation ou de rafraîchissement adaptés ; ainsi que par la garantie de «l’accès immédiat à tous les soins médicaux, l’exécution sans délai des prescriptions établies par les médecins spécialistes et le transfert vers des établissements hospitaliers chaque fois que l’état du détenu le justifie».

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