L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (Otic) vient de publier une déclaration où elle dénonce le coût exorbitant et le manque de transparence des procédures d’octroi visas – en particulier ceux pour l’Union Européenne (UE) et l’espace Schengen, les plus demandés –. Elle appelle à la protection des demandeurs de visas en renforçant le contrôle des sociétés intermédiaires privées et en remboursant les frais dépensés en cas de refus de visa.
La «Déclaration de Tunis sur les droits des consommateurs en matière de visas et de mobilité internationale», lancée par l’Otic, avec le soutien d’associations arabes et africaines du secteur, est présentée, par le président de l’ONG, Lotfi Riahi, à l’agence de presse Tap, comme le premier cadre civil régional commun dédié aux droits des usagers dans les procédures de délivrance de visas, une question particulièrement sensible en Tunisie, notamment en raison de la forte demande d’accès aux pays de l’espace Schengen.
Selon M. Riahi, des millions de citoyens de pays arabes et africains sont confrontés à des procédures de plus en plus complexes, à de longs délais d’attente et à des coûts croissants pour obtenir un visa.
Au cœur des critiques d’Otic se trouve l’externalisation de certains services consulaires à des entreprises privées, qui sont responsables de la planification des rendez-vous, de la collecte des demandes et de l’accomplissement des procédures préliminaires.
L’Ong tunisienne soutient que le recours aux intermédiaires et aux plateformes numériques a entraîné une multiplication des coûts pour les demandeurs, sans garanties proportionnelles quant à la qualité du service ou à l’issue de la demande.
Un autre point de désaccord concerne l’absence de remboursement des sommes versées en cas de refus de visa, même lorsque le demandeur ne bénéficie pas du service principal pour lequel il a déposé sa demande. La Déclaration de Tunis appelle donc à une distinction claire entre les frais administratifs obligatoires et les services optionnels, à la mise en place de modalités de remboursement total ou partiel en cas de refus, et à une plus grande transparence quant aux motifs de refus.
Les associations à l’origine de cette déclaration demandent également des procédures d’appel indépendantes et rapides, ainsi qu’un renforcement du contrôle des entreprises privées impliquées dans le traitement des demandes.
Rappelons que les visas sont une manne pour les pays qui les accordent et une perte sèche pour ceux qui les demandent.
Sur le plan mondial, le nombre de demandes dépasse régulièrement les 10 millions par an (avec parfois des pics à 15 millions). Cela représente une masse financière directe en frais consulaires bruts de plus de 1,3 milliard d’euros par an.
Pour des pays de départ très actifs, les chiffres sont considérables. À titre d’exemple, en Tunisie, ces frais rapportent, bon an mal an, aux pays émetteurs plus de 16,5 millions d’euros.
I. B.



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