L’Agence pour la protection et de l’aménagement du littoral (Apal) signale des débarquements sans autorisation sur les îles Zembra et Zembretta, au large du Cap Bon, au nord-est de la Tunisie, ainsi que des attaques contre les poussins et les nids du Goéland d’Audouin, un oiseau marin rare et qui niche actuellement dans l’archipel de Zembra.
L’Apal a signalé des incidents récents de perturbation et d’agression contre les poussins et les nids de cette espèce, avertissant que de tels comportements menacent directement le succès de la saison de reproduction.
Une espèce rare et protégée
Le Goéland d’Audouin, scientifiquement connu sous le nom d’Ichthyaetus audouinii ou Larus audouinii, est une espèce marine rare et protégée qui utilise les îles de Zembra et Zembretta comme zone de nidification et de reproduction, rappelle l’Apal dans son communiqué, en exhortant les citoyens, les visiteurs et les riverains du littoral à ne toucher ou ramasser aucun oiseau sauvage, adulte ou jeune, et à ne pas s’approcher de leurs nids.
Il est également interdit de tenter de déplacer les poussins ou de prendre des photos à proximité des oiseaux : ces actions, en plus de perturber la faune sauvage, peuvent vous exposer à des agents pathogènes susceptibles d’être transportés par les oiseaux.
L’Apal a également indiqué que le mouillage et l’accostage sur les côtes du Parc national des îles Zembra et Zembretta sont interdits sans autorisation préalable des autorités compétentes.
Des écosystèmes fragiles
Cet archipel, situé dans le golfe de Tunis, à environ 15 kilomètres du port de Sidi Daoud, est reconnu par l’Unesco comme réserve de biosphère depuis 1977 et fait l’objet d’un régime d’accès réglementé afin de protéger ses écosystèmes terrestres et marins fragiles.
Le Goéland d’Audouin est une espèce emblématique de la biodiversité côtière méditerranéenne. Caractérisé, à l’âge adulte, par un bec rouge corail à l’extrémité foncée et des pattes gris-vert, il niche en colonies sur les îlots et dans les zones côtières peu perturbées.
Selon BirdLife International, l’espèce est classée comme vulnérable à l’échelle mondiale, suite au déclin constaté ces dernières années dans certaines des principales colonies de reproduction méditerranéennes.
Le Centre régional d’activités pour les aires spécialement protégées de la Méditerranée (RAC/SPA) inclut le Goéland d’Audouin parmi les oiseaux d’eau présents en Tunisie et considérés comme menacés ou en danger d’extinction au titre du Protocole sur la biodiversité de la Convention de Barcelone.
«La protection de la biodiversité est une responsabilité partagée», a souligné l’Apal, appelant au respect des réglementations régissant les aires protégées afin de préserver l’un des patrimoines naturels les plus importants de Tunisie.



Donnez votre avis