Poème | Nostalgies

Il arrive à l’auteur, économiste de formation et consultant international de profession, d’écrire des poèmes d’ordre métaphysique ou philosophique comme celui-ci, qui semble triste et funèbre, puisqu’il y évoque sa propre mort, mais en réalité c’est un vibrant hommage à cette merveilleuse et belle planète qu’on appelle «La Terre» ! Ce poème est un véritable hymne à la vie.

Sadok Zerelli

Un jour, il me faudra bien partir,

Fermer les yeux sans les rouvrir,

Et laisser derrière moi

Cette belle planète que je n’oublierai pas 

*

Je ne crains pas tant le silence

Que l’instant où finira la danse,

Quand mes yeux, pour la dernière fois,

Se fermeront sur ce monde-là

*

Je regretterai moins de mourir

Que de ne plus pouvoir sentir

Le parfum d’une fleur après la pluie,

Le coucher du soleil à la fin du jour,

*

Là où je serais 

J’aurai la nostalgie des matins,

Du chant des oiseaux dans les jardins,

Du vent léger sur les oliviers,

Et du parfum du jasmin d’été.

*

J’aurai la nostalgie de la mer,

De son horizon grand ouvert,

Des vagues qui viennent mourir

Comme mes rêves, sans bruit, sans soupir.

*

J’aurai la nostalgie des nuits étoilées,

De la lune sur les toits posée,

Du rire d’un enfant heureux,

D’une conversation avec un ami précieux.

*

Je laisserai les montagnes fières,

Les déserts, les forêts, les rivières,

Tout ce que mes yeux ont aimé,

Tout ce qui m’a émerveillé.

*

Certes, je n’ai pas tout compris

Des mystères de la vie,

Mais j’ai reconnu

La douceur des mains tendues

*

Par quel mystère ai-je reçu

Le privilège d’avoir vécu ?

D’avoir connu l’aube et le soir,

L’amour, la peine et l’espoir.

*

Pourtant, je partirai reconnaissant,

D’avoir vécu, ne serait-ce qu’un instant,

Sur cette merveille de l’univers

Que nous appelons simplement la Terre.

*

Ce n’est qu’un grain de sable

Perdu dans un cosmos insondable.

Et pourtant, c’est sur ce petit rivage

Que j’ai écrit ma courte page

Et si mon corps disparaitra, mon âme demeurera,

*

Au-delà des siècles, au-delà du temps,

Je garderai comme un dernier trésor

L’amour de la vie sur cette Terre

Encore et encore…

NB : L’auteur s’est découvert par hasard «l’âme d’un poète», assis un soir d’été de pleine lune sur la tersasse d’un café surplombant la mer à Béni- Khiar, en relevant l’analogie qu’il y a entre la vie d’une vague, qui naît d’un frémissement de l’air, grossit, pavoise avec ses belles écumes blanches et finit par venir mourir sur la plage et se retirer sans qu’il reste aucune trace de son existence, et la vie d’un homme, qui naît  du frémissement d’un spermatozoïde, grandit, pavoise avec les richesses et le pouvoir qu’il a accumulés durant sa vie et finit aussi par mourir sans laisser aucune trace non plus, car la maison qu’il aura construite sera un jour habitée par d’autres ou peut-être même rasée pour faire la place à un autre immeuble, la belle voiture qu’il conduit et dont il est si fier finira un jour à la ferraille et même ses enfants et petits-enfants finiront un jour par mourir.

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