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Seifeddine Makhlouf menace de lancer une procédure de destitution contre Kaïs Saïed (Vidéo)

«Je vous adresse un dernier avertissement avant d’appeler au retrait de votre légitimité», a menacé le député Al-Karama, Seifeddine Makhlouf, en s’adressant aujourd’hui, mardi 12 mai 2020, au président de la république Kaïs Saïed.

Prenant la parole lors de la plénière à l’Assemblée, le député Al-Karama a commenté le discours du chef de l’Etat, la veille, hostile aux pratiques de certains députés et qui avait notamment critiqué le projet d’amendement du règlement intérieur du Parlement, visant à empêcher les députés de démissionner des partis sur les listes desquels ils ont été élus, en regrettant que les électeurs ne puissent pas retirer la confiance à ceux d’entre eux qui ne tiennent pas leurs promesses électorales.

«Votre discours est dangereux et ouvre la porte à la violence et à la rébellion contre les institutions de l’État au nom de la légitimité», a lancé Seifeddine Makhliouf, en ajoutant : «Au lieu de dénoncer les appels à l’effusion du sang, lancés par une majorité de vos partisans, vous attisez les tensions. Un député ne doit pas forcément vous plaire, ni partager vos idées. Et ce n’est pas la peine d’essayer de nous embobiner parce que vous avez étudié le droit constitutionnel que nous connaissons tous», faisant allusion au fait que M. Saïed était professeur de droit constitutionnel.

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«Votre discours hier à Kébili, devant des cadres de l’armée nationale, constitue une menace pour la sécurité du pays. Il justifie les appels à la violence et à la haine et je vous lance, ainsi, un dernier avertissement, avant d’appliquer vos propres idées et d’entamer une procédure de destitution à votre encontre, d’autant que, ces derniers 6 mois, vous perdez beaucoup de votre légitimité», a-t-il encore menacé.

Seifeddine Makhlouf fait référence à l’article 88 de la constitution, qui stipule que l’Assemblée, à l’initiative de la majorité de ses membres, peut présenter une motion motivée pour mettre fin au mandat du président de la république.

Mais pour ce faire, le député, avocat de son état, doit savoir qu’il faudra prouver que le président a commis une violation manifeste de la constitution, et cette décision doit d’ailleurs être votée par les deux tiers des membres de l’Assemblée.

Et si le député Al-Karama, qui dit connaître la loi constitutionnelle, parvient à rassembler tout ce beau monde, la procédure de destitution devra être renvoyée devant la Cour constitutionnelle qui statuera à la majorité des deux tiers de ses membres. Une Cour constitutionnelle qui, à ce jour, n’a toujours pas été mise en place, par l’Assemblée, qui a échoué à maintes reprises à en élire les membres…

Y. N.

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