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Samir Taïeb : «Je ne suis pas entré dans la maison de soumission»

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Pour sa 1ère apparition télévisée, depuis sa nomination au ministère de l’Agriculture, Samir Taïeb s’est livré à un exercice équilibriste pour expliquer sa présence dans le gouvernement.

Invité de l’émission ‘‘24/7’’ d’El-Hiwar Ettounsi, mercredi soir, le dirigeant de gauche s’est défendu d’avoir renié ses principes ou abandonné ses positions «modernistes et progressistes», en siégeant dans un gouvernement comptant de nombreux ministres et secrétaire d’Etat islamistes, ses adversaires de toujours.

Selon lui, en acceptant d’être membre du gouvernement de Youssef Chahed, il n’y a pas eu de renoncement de sa part et il continuera de «faire de l’opposition, même au sein du gouvernement.»

Sans perdre l’aplomb qu’on lui connait, Samir Taïeb assure qu’il exprimera toujours librement ses vues et qu’il fera de l’opposition chaque fois qu’il y aura «déviation» de ce qui a été convenu au départ ou si une décision contredit ses convictions.

Le dirigeant d’Al-Massar rejette catégoriquement le reproche qui lui a été adressé d’avoir choisi, contre toute attente, de s’embarquer dans cette aventure du gouvernement d’union nationale et de se trouver piégé dans ce que l’animatrice Mériem Belkadhi décrit comme étant une «maison de soumission.»

Samir Taïeb rejette l’accusation selon laquelle il a cédé à la tentation du portefeuille ministériel. Droit dans ses bottes, il révèle, d’ailleurs, que plusieurs offres ministérielles lui ont été faites par le passé et qu’il les a toutes refusées. «Cette fois-ci, c’est différent, explique-t-il. Il ne s’agit pas d’entrer dans un quelconque jeu d’alliances. Nous avons à faire à un gouvernement d’union nationale, chose que nous avons appelée de tous nos vœux depuis si longtemps. Souvenez-vous, c’est nous qui étions les premiers à soumettre cette proposition de former une union nationale. (…) Le président de la république a approuvé cette idée. Il l’a soutenue, il l’a pleinement faite sienne et l’a présentée sous la forme du ‘‘Document de Carthage’’».

«Comment aurais-je pu ne pas faire partie d’une démarche et d’un projet dont nous avions été les initiateurs?», s’interroge-t-il.

Sans attendre de réponse, il ajoute qu’il fait partie d’une équipe qui partage une vision commune, «celle qui consiste à sauver le pays du bord du précipice». «D’ailleurs, précise-t-il, la porte était ouverte à tous ceux qui souhaitaient apporter leur contribution à cette union nationale du pays. Elle reste ouverte. Il n’y a pas d’exclusion dans cette entreprise. Je m’oppose à toutes les formes d’exclusion.» Et, au passage, il décoche une flèche à l’adresse des CPRistes de l’ancien président provisoire de la république Moncef Marzouki et leurs «descendants» du Harak: «Ceux qui décident de s’exclure eux-mêmes ne peuvent en vouloir qu’à eux-mêmes et au choix qu’ils ont fait», déclare-t-il.

Visiblement, le nouveau ministre de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources hydrauliques est pleinement conscient de sa prise de risque… Il ne regrette rien.

Marwan Chahla

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