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Octobre musical : A la rencontre des continents

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Concert russe, mardi soir, à l’Acropolium de Carthage, dans le cadre de l’Octobre musical, avec les Russes Alisa Ten et Oleg Boyko. Du baroque au malouf en passant par le fado.

Par Anouar Hnaïne

Le public a eu le plaisir de découvrir un duo de chanteuse et instrumentiste jouant dans une atmosphère sereine et sans esbroufe. Les deux interprètent des morceaux choisis dans le répertoire méditerranéen, espagnol, de la renaissance italienne, andalous… On croyait assister à une musique chantante, dansante, exaltante. On a assisté à un concert sobre, presque «intime» tout en douceur. Des chansons en forme de chuchotement. Tout un programme.

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Une musique sans affiliation

Une musique «à risque» qui ne fait pas dans l’emphase et la grandiloquence, sans reliefs apparents. Russe dites-vous? On est à mille lieux des chants éclatants, de la balalaïka endiablée, des steppes de l’Asie centrale et des airs d’opéra, genre qui qualifie généralement la musique russe. On sait cependant qu’il n’y a pas une seule et unique musique russe, mais autant que de peuples ou régions.

Alisa Ten, au chant, et Oleg Boyko, au luth et à la guitare baroque, jouent une musique sans affiliation particulière. On la rapprocherait de la musique baroque de bardes en voyage, de la musique andalouse ou italienne. L’exécution est maîtrisée, la tête couverte d’un châle vert, visage angélique, la gestuelle modérée, Alisa ne semble pas faire d’efforts pour monter en gamme et s’exprimer. Voix «angélique», position du corps qui fait rappelle une œuvre de Raphaël, tout en courbes et douceur.

Le programme brosse large, une suite de ‘‘Grenade’’ pour commencer, le luth est discret, la voix l’est de même, suit ‘‘Habibi’’, devinez les mots en forme de confidence. On saute sans transition vers un fado triste ou une nouba fantasia qui illumine le visage d’Alisa. Complicité entre la guitare baroque et la voix. Un morceau en italien nous transporte dans le ciel, ‘‘Quante stelle nel cielo con la luna’’; on change de pays et de registre; des chants espagnols, les morceaux s’appellent ‘‘Maria Lando’’, ‘‘Nacien Alamo’’ ou ‘‘El Pastor’’.

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Et le malouf aussi

L’Andalousie et le célèbre morceau emblématique est dans la musette du duo russe qui customise ‘‘Lamma bada ya tathana’’, du répertoire malouf (le morceau a été admirablement chanté récemment par Placido Domingo).

On voyage au XVIe, au XVIIe siècle, une sarabande, folia ou ricercar. Le public apprécie, fleurs, bis et applaudissements.

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