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Les fantômes de la république : Que se passe-t-il au Palais de Carthage ?

Le chef de l’Etat entouré de ses médecins de l’hôpital militaire de Tunis.

Le président de la république Béji Caïd Essebsi n’a finalement pas signé le texte portant amendement de la loi électorale adopté par l’Assemblée ? Le délai butoir prévu par la constitution a expiré hier soir, vendredi 19 juillet 2019, à minuit. Mais quand on a dit cela, on doit aussi s’interroger sur les circonstances de cette «décision» qui pourrait ne pas être la sienne. Et pour cause…

Par Ridha Kefi

Que se passe-t-il au Palais de Carthage ? Rien justement, et c’est ce qui est inquiétant.

Depuis son hospitalisation en urgence après un malaise aigu, le 27 juin 2019, le président de la république est quasiment absent : il n’apparaît plus et ne fait rien depuis plus de deux semaines. Ses conseillers, sont, également, aux abonnés absents. Pas la moindre activité, pas le moindre communiqué, pas la moindre intervention dans les médias, pendant deux semaines, alors que les rumeurs enflent dans les réseaux sociaux, que les médias s’interrogent et que l’opinion publique s’inquiète.

Hafedh Caïd Essebsi usurpe le rôle de porte-parole de la présidence de la république

Hier, vendredi 19 juillet, c’est le fils du chef de l’Etat, Hafedh Caïd Essebsi, qui s’improvise porte-parole de la présidence de la république pour annoncer, qui plus est, sur une chaîne de télévision, que son père n’allait pas signer la loi portant amendement de la loi électorale.

Qu’en pense Saïda Garrache, la porte-parole en titre ? Pas grand-chose. Contactée par Kapitalis, elle ne répond pas dans un premier temps. Et dans un second temps, face à notre insistance, elle se fend d’un message laconique et peu convainquant : «Je suis au chevet de ma mère. Et dans l’immédiat, je ne peux rien dire».

Il reste donc à savoir l’essentiel : qui est au chevet du président, amoindri (et le mot est faible), alors que le Palais de Carthage est aux abonnés absents. Et que des fantômes s’agitent dans les coulisses, ayant pour nom Hafedh Caïd Essebsi, Nabil Karoui (tiens, tiens, encore lui ?) et autres Ridha Belhadj et Raouf Khammassi, des comploteurs à la petite semaine (on les a tous déjà vus à l’oeuvre au sein de Nidaa Tounes), capables de commettre des bêtises (et là aussi, le mot est faible) pour satisfaire leurs ambitions incommensurables.


Que sait-on de l’état actuel du président de la république ?

Face à cette situation pour le moins étrange, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), principale source du pouvoir en Tunisie, doit s’inquiéter et, surtout agir, pour essayer d’en savoir plus sur la l’état actuel du président de la république : est-il simplement convalescent et maître de ses faits et gestes, ou est-il, au contraire, un homme malade et diminué, manipulé comme une marionnette par ses proches ou, pire encore, un chef d’Etat au chapitre de l’empêchement constitutionnel…

Alors que le pays s’apprête à vivre des élections législatives et présidentielles, prévues en octobre et novembre prochains, et que les acteurs politiques s’affairent en perspective de ces échéances, dont on se demande si elles vont pouvoir avoir lieu, des choses pas très catholiques, ni musulmanes d’ailleurs, se trament dans les coulisses du Palais de Carthage. Nous sommes tous avertis…

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