Grâce à SpaceX de Musk, la fortune d’Al-Walid ben Talal explose !

La fortune du prince saoudien et dirigeant de Kingdom Holding Compagny Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud explose grâce au succès de son investissement dans SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk qui va réaliser la plus grande introduction boursière de l’histoire. 

Imed Bahri

Bloomberg rapporte que lorsque le prince saoudien Al-Walid ben Talal a acquis une participation dans Twitter en 2011, il figurait parmi les investisseurs les plus en vue au monde, avec une fortune estimée à 20 milliards de dollars, et était connu pour ses paris audacieux sur des entreprises comme Apple et News Corp.

À cette époque, Elon Musk n’avait pas encore rejoint le cercle très fermé des milliardaires.

Al-Walid détient 0,63% du capital de SpaceX

Quinze ans plus tard, l’introduction en bourse de SpaceX est sur le point de propulser Musk au rang de premier milliardaire de l’histoire (fortune dépassant les 1000 milliards de dollars), tandis que de nombreux investisseurs de son entourage s’apprêtent à engranger d’énormes profits, notamment le prince saoudien, dont la stratégie d’investissement a été considérablement renforcée par ses liens avec l’homme le plus riche du monde.

La fortune d’Al-Walid a atteint son plus haut niveau en dix ans après que sa société, Kingdom Holding, a confirmé un article du média saoudien Asharq selon lequel le prince et la société détiennent conjointement 0,63% du capital de SpaceX.

Cette annonce a entraîné une hausse de 21% du cours de l’action de Kingdom Holding en deux jours, plus tôt cette semaine, portant la fortune d’Al-Walid à environ 24,5 milliards de dollars, selon l’indice Bloomberg des milliardaires.

Pari gagnant sur l’écosystème technologique

Cette participation est l’aboutissement d’un pari initié avec Twitter, désormais connu sous le nom de Platform X, puis étendu à XAI et enfin à SpaceX, liant ainsi l’un des investisseurs les plus importants du Moyen-Orient à l’écosystème technologique privé le plus précieux au monde.

Al-Walid avait rejoint le pari de Musk en 2022, lorsque le fondateur de Tesla a acquis Twitter pour 44 milliards de dollars. Al-Walid a décidé de conserver sa participation plutôt que de la vendre, à l’instar d’autres investisseurs tels que Larry Ellison et Andreessen Horowitz.

Cependant, cette opération n’a pas été sans tensions initiales. Al-Walid a utilisé Twitter à l’époque pour rejeter l’offre de rachat de Musk, affirmant qu’elle était bien en deçà de la valeur intrinsèque de l’entreprise, tandis que Musk raillait le prince saoudien.

Plus tard, Al-Walid a revu sa position et annoncé son soutien à Musk, affirmant qu’il serait un «excellent dirigeant»

Al-Walid a également investi dans XAI, la société d’intelligence artificielle de Musk, aussi bien à titre personnel que via sa société la Kingdom Holding Company, lors de deux levées de fonds en 2024.

Lorsque XAI a fusionné avec X Platform trois mois après son deuxième investissement, Al-Walid, avec la Kingdom Holding Company, est devenu le deuxième actionnaire de la nouvelle entité après Musk.

La chance lui a de nouveau souri en février lorsque Musk a fusionné XAI avec SpaceX, lui offrant ainsi une participation dans ce qui devrait être la plus importante introduction en bourse de l’histoire.

La participation personnelle d’Al-Walid dans SpaceX est actuellement évaluée à environ 3,2 milliards de dollars, sur la base de la valorisation de l’entreprise à 800 milliards de dollars lors d’un placement privé en décembre 2025 et de la valeur de XAI lors de sa levée de fonds de janvier 2026, avant la fusion.

Plus de sept fois l’investissement initial

Les calculs de Bloomberg incluent une décote de 5% due à des contraintes de liquidités.

Al-Walid a toutefois déclaré que sa participation vaut environ 4 milliards de dollars, soit plus de sept fois son investissement initial.

L’introduction en bourse de SpaceX devrait permettre de lever environ 75 milliards de dollars, soit plus du double des 29,4 milliards levés par Saudi Aramco en 2019.

Cette introduction en bourse devrait également profiter à d’autres investisseurs saoudiens, notamment le fonds d’investissement public saoudien Public Investment Fund (PIF), qui gère près de 1 000 milliards de dollars et détient une participation dans Kingdom Holding Company.

Il est à signaler que l’Arabie saoudite a fait de l’intelligence artificielle un pilier de sa stratégie de diversification économique visant à réduire sa dépendance au pétrole.

Humain, une entreprise spécialisée en IA soutenue par le PIF, a également investi 3 milliards de dollars dans XAI cette année, dans le cadre d’une levée de fonds de 20 milliards de dollars.

Cet accord a permis à Humain d’acquérir une participation minoritaire significative dans XAI, participation qui, selon l’entreprise à l’époque, serait convertie en actions SpaceX.

Cet accord est intervenu après une période de tensions entre Musk et le PIF.

En 2018, l’annonce éphémère par Musk de son intention de privatiser Tesla à 420 dollars l’action a provoqué une rupture publique avec le fonds d’investissement public (PIF), Musk estimant que ce dernier n’avait pas apporté un soutien public suffisant à l’opération.

Des SMS révélés ultérieurement lors de procédures judiciaires ont montré que Musk avait écrit au dirigeant du PIF Yasir Al-Rumayyan : «Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas travailler ensemble.» Ce à quoi Al-Rumayyan a répondu : «C’est à vous de décider, Elon»

Mais en 2024, le ton avait changé. Musk est intervenu par vidéo à la conférence Future Investment Initiative à Riyad, s’adressant à un large public sur le thème de l’intelligence artificielle, tandis qu’Al-Rumayyan était assis au premier rang.

Pendant des années, Al-Walid ben Talal a été l’un des financiers les plus en vue du Moyen-Orient, connu pour son extravagance, ses démonstrations ostentatoires de relations et ses investissements audacieux.

Toutefois une nuit de fin 2017, il fut arrêté avec des dizaines de princes et d’hommes d’affaires à l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad, dans le cadre de la campagne du prince héritier Mohammed ben Salmane contre ce qui était présenté comme de la corruption.

Libéré après 83 jours suite à un accord secret, il déclara par la suite que cette épreuve avait prouvé son innocence.

La nature des accusations portées contre lui demeurait floue mais les actions de Kingdom Holding Company et la fortune personnelle d’Al-Walid en subirent un net recul. Sa fortune chuta à moins de 13 milliards de dollars en 2020, soit environ un tiers de son niveau record de 2014.

Aujourd’hui, cependant, son pari sur l’empire de Musk lui a permis de retrouver une notoriété et un prestige qu’il n’avait plus connus depuis son investissement massif dans Citigroup dans les années 1990 alors que le groupe était aux prises avec un important déficit de créances douteuses.

Al-Walid publie régulièrement sur la plateforme X des images de lui et de Musk générées par IA, notamment une photo récurrente où ils apparaissent côte à côte déguisés en guerriers de la série télévisée Game of Thrones.

Sur une photo récente, Alwaleed était déguisé en Superman, tandis que Musk était en Batman. Le message l’accompagnant disait : «Leadership audacieux, exécution exceptionnelle. Notre partenariat avec mon ami et allié Elon Musk a un impact mondial».

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