C’est avec détermination et brio que l’équipe nationale de football de l’Equateur s’est qualifié au second tour du Mondial 2026 en battant son homologue allemande, au cours de ce qui a été le match le plus abouti du groupe E. Une qualification qui a été très difficile à se dessiner après des débuts plutôt poussifs. (Photo : Les Equatoriens ont fait passer un mauvais quart d’heure aux Allemands, jeudi 25 juin 2026).
Jean-Guillaume Lozato *

2-1. C’est le score final au tableau d’affichage, suite à une rencontre où l’on ne s’est pas ennuyés un seul instant. Dans le stade de New-York, l’Équateur inspiré a disposé de l’Allemagne coriace jusqu’à la dernière minute.
Pendant ces quatre-vingts dix minutes, les Sud-américains ont défié les Germaniques soit en les pressant, soit au moyen d’une circulation de balle variée sans être aléatoire.
Un bon test pour le mental
Au commencement, les hommes dirigés par Sebastian Beccacece ont immédiatement affiché leurs intentions. Injustement tenus en échec par Curaçao et ayant perdu de justesse contre la Côte d’Ivoire, ils se sont lancés dans une course vers l’exploit lors d’un match qui a ressemblé à une rencontre à élimination directe. Un défi au cours duquel l’équipe nationale a affiché du style, tout en en contrôlant la fantaisie. Une philosophie de jeu et de vie qui a su enseigner à faire la part des choses, venant d’une terre comprenant des villes différentes (Quito, Babahoyo…) et des reliefs variés. Ceci conjugué à une nouvelle organisation du territoire, comme l’a si bien expliqué le politicien et responsable des forces de l’ordre Gustavo Izquierdo Munoz, il y a quelques mois.
Cette chevauchée en a concurrencé une autre, celle de l’Allemagne bien déterminée à asseoir sa suprématie. En tout début de rencontre, ce sont bien les Allemands qui ont ouvert la marque par Leroy Sané, suite à une action litigieuse. Sans vraiment surprendre, les hommes au maillot jaune ont égalisé par Nilson Angulo, l’attaquant de Sunderland, d’une jolie frappe à l’entrée de la surface. S’ensuivirent des actions allemandes et équatoriennes avec des tirs de plusieurs joueurs. Et de magnifiques arrêts effectués par les deux gardiens de but du jour.
Un nouveau romantisme
La seconde période a conservé la même intensité. Avec une Mannschafft répondant présente quant à l’impact physique mais dont le milieu Aleksandar Pavlovic semblait perdre ses marques, et une formation latino-américaine très technique qui a répondu toujours présent. Un répondant qui s’est manifesté par la beauté du sacrifice, comme ce tacle salvateur de Moses Caicedo à la cinquante-et-unième minute. Par la métaphore de la justice rendue lorsque Gonzalo Plata a allié placement, puissance et finesse en marquant le but de la victoire consécutivement à un corner. Par l’allégorie de la persévérance. Une succession de figures de style qui détient les ingrédients d’une épopée sportive romantique ? Oui, si l’état d’esprit perdure et que l’effectif acquiert un peu plus de force mentale.
Attendons de regarder la prochaine échéance, c’est-à-dire les seizièmes de finale. Étape que la «Tri» a les moyens de négocier plus qu’honnêtement et, pourquoi pas, franchir en allant crescendo jusqu’au dernier carré pour la première fois de son histoire.
L’Équateur peut rappeler par moments sa voisine colombienne dans certaines séquences de jeu en triangles. Dans d’autres phases de jeu, la «Tri» peut aussi faire penser au Maroc, ou bien au Costa Rica de la grande époque dans les phases défensives particulièrement sur les relances. Avec un jeu tête qui n’a rien à envier aux Anglais ou aux Français.
Le réveil équatorien promet bien des choses pour le reste de la compétition. D’autant plus que l’équipe est coachée par Beccacece, réincarnation de Claudio Caniggia. Une sorte de dramaturge du football qui a disposé ses acteurs en 4-4-2. Avec des défenseurs du calibre d’Estupina et Hincapié ou Pacho (deux sur trois étaient en finale de LDC). Avec un milieu créatif, très cohérent et solide. Avec de bons jokers comme Preciado. Avec une paire d’attaquants (Enner Valencia et Gonzalo Plata) aux appels variés et parfois parallèles, ce qui peut déstabiliser les défenses de n’importe quelle équipe. Phénomène qui s’était vérifié dans une simple rencontre de championnat de France, lorsque le duo Esteban Lepaul/Moussa El Tamari avait mis en difficulté, pour le compte de Rennes, l’Olympique Lyonnais il y a environ un mois…



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