La Tunisie peut tirer parti du marché technologique européen

Il est crucial pour la Tunisie d’examiner les modèles économiques performants d’autres régions, notamment en Asie, d’autant que, malgré certaines différences, elle partage des points communs avec ces pays dépourvus d’importantes ressources naturelles, misant sur le capital humain et disposant d’un territoire exigu, ce qui les contraint à coopérer et à s’ouvrir à d’autres partenaires.

C’est ce qu’a déclaré Thierry Béranger, chef de la section commerciale de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, à Mosaique FM, le lundi 29 juin 2026, ajoutant que la Tunisie se trouve dans une situation comparable mais dispose d’un atout majeur : sa position stratégique au cœur de la Méditerranée.

Pour renforcer ses capacités économiques, la Tunisie doit redoubler d’efforts afin de simplifier les procédures et d’accélérer la numérisation des services administratifs — en s’appuyant sur les progrès déjà accomplis — tout en privilégiant le développement du capital humain, notamment chez les jeunes. Cela implique de développer des compétences en intelligence artificielle et en robotique et, surtout, de valoriser les professionnels qualifiés ainsi que les innovateurs, a encore expliqué M. Béranger. Ce sont ces piliers qui attirent les investisseurs européens en Tunisie, améliorent l’accès du pays aux marchés de la région et de l’UE, et le positionnent au cœur de la nouvelle répartition géographique de l’activité économique, a souligné le responsable européen.

Selon lui, l’UE dispose de divers programmes et initiatives visant à soutenir les relations bilatérales avec la Tunisie — notamment dans le secteur des technologies de l’information et grâce à un écosystème dynamique d’entreprises innovantes — plaçant ainsi la Tunisie en position de tirer pleinement parti du marché technologique européen. Il a toutefois souligné que pour saisir cette opportunité, il est nécessaire de bien connaître les réglementations et procédures juridiques de l’UE, y compris celles relatives aux signatures électroniques. M. Béranger a insisté, dans ce cadre, sur l’importance pour la Tunisie de collaborer avec les États membres de l’UE afin d’assurer la reconnaissance mutuelle des signatures électroniques, une démarche qui, selon lui, ne nécessite pas de négociations politiques majeures.

La signature d’un protocole d’accord sur le numérique entre la Tunisie et l’UE faciliterait cette coopération «gagnant-gagnant», fondée sur l’adoption de mécanismes technologiques de pointe entre la Tunisie et son principal partenaire économique.

I. B.

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